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dimanche 8 juillet 2018

348. CHRONIQUE : L'Art raconte Ulysse.


L'art raconte Ulysse. Album pédagogique. 2018. Langue française - 48 pages - lecture papier.

Partez vivre les aventures d’Ulysse aux côtés des plus grands peintres qu’il a inspirés à travers une histoire adaptée aux enfants. Puis suivez io – la mascotte espiègle et éclairée de cette nouvelle collection – pour découvrir des œuvres emblématiques, que vous apprendrez à observer et analyser pour mieux les comprendre, vous émerveiller et surtout… vous amuser !

Un grand merci à Little Io, aux éditions Palette à 
 la masse critique Babelio pour ce service de presse.

Depuis quelques temps, lors des Masses Critiques, je suis attirée par les livres pédagogiques, les art books, ou les ouvrages graphiques. Et j'ai été intriguée par L'Art raconte Ulysse. J'adore la mythologie, comme vous avez pu le constater dans mon article sur Méduse, et l'art est l'une de mes grandes passions, même si je n'ai pas pu vous parler des musées visités récemment... Ici, il s'agit d'un ouvrage pédagogique impressionnant, mêlant mythologie, art pictural et activités à destination des enfants. Une véritable pépite ! Une chose est sûre, même si cette année, je vais enseigner à des tous petits, j'utiliserai ce livre dans les années à venir…

Le texte est une synthèse du voyage d'Ulysse, après la Guerre de Troie et jusqu'à son retour. Exit les vers et le langage soutenu, la plume de Joséphine Barbereau est accessible aux enfants tout en leur étant résistant. Chaque épisode de l'odyssée d'Ulysse est illustré par une œuvre, et ce périple est accompagné par la petite mascotte Io (un clin d’œil à la figure mythologie?) qui propose aux enfants de s'intéresser plus particulièrement à certains détails ou à chercher des éléments.

Un format carré agréable, un ouvrage aéré, coloré, magnifique et varié. Certains grands tableaux auraient peut-être, malgré tout, mérité une double page pour les détails, je crois bien que c'est le seul bémol que j'ai trouvé au livre. Vraiment. Il était captivant. Je l'ai relu avant d'écrire cette chronique et je n'en démords pas : c'est vraiment excellent et je le conseille à tous les parents et professeurs qui peuvent me lire.

Le sommaire annonce les différentes parties : la synthèse et les tableaux tout d'abord, puis l'analyse des œuvres de quatre artistes (William Turner, John William Waterhouse, Arnold Böklin et Pinturicchio), une frise chronologique des divers tableaux proposés et enfin une page nommée « exprime-toi », où l'enfant est invité à développer son ressenti et ses idées, impressions. Ça peut être un travail très intéressant, à mener en classe ou à l'oral.

J'ai vraiment apprécié le fait que les œuvres présentées ne se concentrent pas sur une période mais s'étendent du premier siècle avant notre ère à 2001. Un large spectre artistique nous présentent donc différentes époques, différents supports et techniques, une mine d'or pour un enfant.

En conclusion, vous l'aurez compris, j'ai adoré. C'est un petit livre à faire lire aux enfants ou à utiliser comme support. Je conseille également aux adultes intéressés de le lire. Cet ouvrage pédagogique est vraiment très bien construit et j'ai hâte de découvrir d'autres opus lorsqu'ils sortiront.

Pour plus d'informations sur Little Io, les ateliers arts & culture pour les 7-12 ans, RDV sur leur site internet !

Une véritable aventure...
Avez-vous lu cet ouvrage ? Est-ce qu'il vous intrigue ?

jeudi 14 juin 2018

347. CHRONIQUE : Moana, tome 1 : La Saveur des figues.



Moana, tome 1 : la saveur des figues, Silène Edgar. Roman de science-fiction jeunesse. 2010. Langue française - 281 pages - lecture papier.


Le monde a subit un terrible refroidissement, la Polynésie où vit Moana n'est plus telle qu'on la connait aujourd'hui. Moana devient une femme et doit se marier pour aider à repeupler la planète. Sa famille cache un grand secret : ils cachent Mémine, son arrière-grand-mère, qui a connu la catastrophe et entretient le souvenir en racontant comment était le monde et le goût du soleil. La jeune fille refuse de vivre une vie toute tracée et semble bien décidée à partir à l'aventure...  

Un grand merci à Castermore et à 
 Livraddict pour ce service de presse.

Je connaissais Silène Edgar de nom, principalement pour des ouvrages tels que 14/14 ou 42 jours, mais je n’avais encore jamais lu d’ouvrage de l’autrice. Lorsque LivrAddict a proposé lors de ces derniers partenariats Moana, j’ai décidé de tenter ma chance car déjà, entre le nom et la couverture, je partais voyager loin dans les îles. Bon,... pendant une partie du roman, j’imaginais Moana avec le visage de… Moana (Vaïana en français) alors que le personnage ne lui ressemblait pas du tout, mais on s’y fait rapidement et une fois lancé, les pages se tournent seules.

La plume de l’auteur est simple et efficace, accessible aux plus jeunes lecteurs se lançant dans les longs romans ou la dystopie. Au départ, j’ai trouvé les dialogues un peu surfaits, puis je m’y suis faite, il faut dire que les enseignements ont changés à la suite de la catastrophe, l’expression des enfants a sûrement suivi le mouvement. Silène Edgar écrit les choses sans utiliser de figures de style à outrance, c’est peut être mieux pour les enfants mais quelques descriptions supplémentaires pourraient être agréables pour un lecteur adulte. Il m’a manqué des éléments à certains moments pour plonger complètement dans l’histoire. Malgré tout, ça se lit vite, on est pris au jeu, et les courts chapitres permettent un dynamisme dans la lecture.

Moana est une petite fille de 12 ans, c'est à travers ses yeux que l'on découvre le monde. Son ignorance et son immaturité permettent aux lecteurs de se plonger dans ses aventures. Elle est adorable, à la fois candide et déterminée et on découvre grâce à elle la place des femmes dans ce monde post-apocalyptique. Les femmes ne servent qu'à enfanter, sauf si leurs capacités sont suffisamment impressionnantes pour rejoindre la capitale et travailler pour l'État. A l'approche de ses premières règles, son mariage s'organise déjà, et comme il est dit dans le synopsis elle ne l'entend pas ainsi. Mémine est le second protagoniste, encore une femme, (et ça fait plaisir). C'est une femme qui a connu le monde avant la catastrophe, elle parle de la puissance de la mémoire, de la transmission intergénérationnelle, de la vieillesse. Autant de thèmes portés par un seul personnage, tellement attachant, sensible et doux, elle qui est portée par ses rêves et l'amour.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste. La grand-mère de Moana est considérée comme vieille, elle était bébé quand la catastrophe a eu lieu et à pousser ses enfants à suivre les nouvelles règles tout en empêchant sa mère d'être raflée. Le parallèle avec la Seconde Guerre mondiale est prégnant : toute personne de plus de 60 ans va une rafle, les villages sont rationnés, les populations sont manipulées par un livre d'éducation unique sur l'ensemble des terres encore habitables et habitées. Les histoires sont interdites, chose qui passionne Pierre.  On retrouve également Alessandro ou Chris qui sont ont des personnalités très intéressantes qui auraient pu être un peu plus développées.

L'histoire est assez simple, on retrouve presque toute l’intrigue dans le résumé : il est question d'aventures, de voyage; de détermination. Cependant de nombreuses péripéties se terminent trop vite, sans offrir de réelle résolution, ce qui est vraiment dommage. Ca semble trop simple, trop rapide et trop évident par moment. Mais encore une fois, un enfant d’une dizaine d’années devrait être séduit.

C’est un roman aux thèmes forts qui se termine exactement comme je voulais qu'elle se termine, ce qu'il y a fait couler quelques larmes sur ma joue. On y parle de famille, de vieillesse, de culture, de mémoire, de deuil, du pouvoir des histoires et de l'imagination, de l'égalité entre les hommes et les femmes. Un livre important pour les plus jeunes, un livre dur parfois mais avec une jolie morale. On y parle d'amour, de propagande, de violence, de peur.

Il y a tout particulièrement deux scènes qui traitent d’attouchements, si ce n’est de tentative de viol et très dur à lire car Moana a douze ans. C'était osé, courageux, ambitieux de placer cette thématique dans un livre pour les collégiens.

J'ai énormément apprécié que l'histoire ne se déroule pas en Europe ou en Amérique et que la capitale du monde vivable soit Pondichéry, ça change de nombreuses ouvrages de science-fiction, dystopie, anticipation. Ce choix de l’autrice apporte une fraîcheur toute particulière à la lecture, c’est un grand oui.

Pour conclure il est nécessaire de dire que le tome 1 se suffit à lui-même. La fin est satisfaisante et en fait un excellent ouvrage d'étude au collège. De nouveau, un grand merci pour l'envoi de cette réédition de Moana, paru chez Castelmore et à LivrAddict pour l’envoi. C’était une lecture très agréable que je vous conseille. Et j’espère quand même que la suite mènera à plus d’action !

Comme une impression de douceur...
Avez-vous lu ce roman ? Est-ce qu'il vous intrigue ? :)

dimanche 27 mai 2018

346. CHRONIQUE : Contes ordinaires d'une société résignée.


Contes ordinaires d'une société résignée, Ersin Karabulut, bande dessinée satirique, 2018. Langue française - 80 pages - lecture papier.

Avec la poésie, la noirceur et l'imaginaire d'un Edgar Allan Poe, Ersin Karabulut nous dresse le portrait d'une société qui a renoncé à ses illusions face au carcan familial et aux pouvoirs politiques et financiers.
Un recueil de fables d'anticipation poétiques et troublantes qui témoignent de la vivacité de la bande dessinée turque.

Un grand merci à Fluide Glacial et à la  Masse
Critique Babelio pour ce service de presse.

Au début du mois, j'ai reçu la bande-dessinée Contes ordinaires d'une société résignée d'Ersin Karabulut, publiée aux éditions Fluide Glacial. Je vous annonce d'office que le neuvième conte n'a pas été lu : en feuilletant l'ouvrage, je suis tombée sur un conte mettant un œil en gros plan, de manière très ragoutante. En bonne oculophobe, ni une ni deux, mon chéri a été missionné pour signaler les pages bannies. De même, avis pré-lecture plutôt mitigé : de jolies couleurs, un bon format, on a annoncé du Poe-like, mais voilà, de base, les dessins ne me plaisaient pas. Et dans un ouvrage graphique, c'est un peu la base…

Et maintenant alors, après lecture ? Ersin Karabulut est un artiste turc, dans l'entretien qui accompagnait le livre, il dit que s'il continue de créer, c'est qu'il est résolument optimiste et heureusement dit donc, parce que ça donne le bourdon. Il y a de superbes retours sur les illustrations, mon avis ne change pas mais là où elles sont très intéressantes, c'est qu'elles participent grandement au profond malaise que la lecture de cette BD provoque, ce qui est donc malgré tout une réussite.

C'est noir, c'est glauque, c'est drôle et perturbant...Ce monde est résigné dans le sens où les Hommes ne veulent (ne peuvent) plus se battre. Tous les vices que nous retrouvons aujourd'hui sont exacerbés, toutes les histoires vont avoir un effet sur le lecteur, parfois même, jusqu'à la nausée. Ça intrigue, ça questionne, ça choque. Issus, à la base, d'un journal satirique, il faut dire que l'artiste fait mouche et tout le monde en prend pour son grade. Certaines m'ont vraiment marquées, ces contes dressent le portrait d'une société pleine de dysfonctionnements, jusqu'à la dernière case, remplie d'espoir.

Pour conclure cette très courte chronique, j'ai apprécié le scénario, la lecture de cette bande dessinée mais elle m'a retournée et je n'aime pas les dessins. Malgré tout, cela reste une belle œuvre satirique à découvrir. 

N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de cette BD,
si vous avez lu ou s'il vous intrigue 

dimanche 21 janvier 2018

336. CHRONIQUE : The vanishing girl, tome 2.


The Vanishing Girl, tome 2 : The Decaying Empire, Laura Thalassa, Thriller fantastique, 2017. Langue française - 387 pages - lecture numérique

Entraînée au métier d'espionne par le gouvernement américain qui utilise sa faculté à se téléporter pour mener des missions à haut risque, Ember Pierce se réveille dans un hôpital de Los Angeles. Elle ne se souvient que de l'essentiel : elle a été piégée et sa dernière mission aurait dû lui coûter la vie.
Utilisant ses facultés de téléportation, elle réapparaît dans la chambre de Caden Hawthorne qui a passé ces dix derniers mois à la croire morte. La jeune femme fantomatique qu’il voit ne ressemble plus à celle de ses souvenirs : ses cheveux sont plus longs, sa peau est plus pâle et son regard est hanté. Lorsque Ember lui révèle qu’une personne de confiance l’a trahie, une seule échappatoire s’offre désormais à eux. Sans savoir qui est leur ami et qui est leur ennemi, Ember et Caden se lancent dans la mission la plus périlleuse de leur vie : rester ensemble et survivre.

Un grand merci aux éditions Amazon Crossing
et à
NetGalley pour ce service de presse.
Chronique du tome 1.

Ce tome étant une suite, des éléments de la fin du tome 1 peuvent se retrouver dans ces lignes donc attention aux spoilers.

En février, je vous disais en gros que malgré un avis assez moyen (ouvrage captivant par son côté page-turner mais plein de défauts), j'avais hâte de connaître la suite des aventures d'Ember parce que j'avais beaucoup aimé le cliffhanger proposé. Ici, on retrouve les personnages un an plus tard et tout a changé : Ember est vivante, Caden cherché à faire le deuil de sa belle de manière plutôt idiote pour quelqu'un de génétiquement modifié et par un coup de baguette magique gouvernementale, ils se retrouvent.

L'ouvrage est toujours aussi efficace dans sa forme, les pages se tournent relativement vite, un flot d'actions nous engouffrent dans une sorte de thriller fantastique bien sympathique mais loin de faire l'affaire. J'en ressors avec un avis assez sombre mais rattrapé : il n'y a pas vraiment de description et lorsque l'on ne connaît pas un État, c'est parfois compliqué de se projeter dans leur univers. Et surtout, chose que je reprochais déjà au premier : pourquoi autant de scènes de sexe ? Bon, deux personnages fous amoureux se retrouvent pour la première fois depuis des siècles ok, ça se comprend mais faire ça alors que la moitié du pays veut nous tuer, ça devrait jeter un froid, non ? Bref, vous m'aurez comprise : trop, c'est trop. On pouvait les couper, les suggérer, avoir un vocabulaire beaucoup plus léger et fin. C'est dommage.

J'ai fait plein de pauses dans la lecture de ce roman pour cette raison, et parce que, tout simplement, je trouvais l'ouvrage trop répétitif et malheureusement loin d'être assez profond. L'autrice use, et abuse, de situations trop simple pour faire avancer l'histoire. J'ai cependant bien aimé la relation qu'Ember entretient avec Adrian, même si, une nouvelle fois, le fait d'apparaître nue devant lui était peut-être considéré comme un running gag et un peu limite au niveau de son intérêt. J'ai, à nouveau, craint le triangle amoureux mais il n'apparaît qu'en filigrane, ressenti par notre héroïne.

Malgré tout, comme je le disais plus haut, on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer, surtout une fois que l'on arrive à se remettre dedans (de mon côté, vers la moitié de l'ouvrage), on peut être sûr de terminer l'ouvrage avant d'aller se coucher. J'hésitais à lire le tome 3, mais il faut bien avouer que, de nouveau, que la fin me tente grandement. J'avais beau y avoir réfléchi un peu, j'avais finalement mis de côté cette révélation de fin de tome 2 et ça a donc été une surprise très agréable qui promet de mettre enfin le piment qui manque encore dans cette histoire.

Pour conclure, un roman facile à lire, énormément dans l'action mais comportant trop de scènes sexuelles pour apprécier véritablement ma lecture. Et malgré tout, un cliffhanger très prometteur qui me fera très probablement lire le tome suivant.


N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce roman, 
si vous avez lu ou s'il vous intrigue !

lundi 21 août 2017

330. CHRONIQUE : La Saison des Roses.


La saison des roses
Victoria Connelly, 2017
Contemporain
Langue française - 350 pages
Lecture numérique.
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À tout juste trente ans, Céleste Hamilton voit son destin tout tracé changer radicalement quand son mariage malheureux prend fin au moment même où meurt sa mère, avec laquelle elle entretenait de très mauvaises relations. Cette dernière laisse en héritage à ses filles la roseraie familiale au bord de la faillite. À contrecœur, Céleste retourne vivre dans le manoir de son enfance pour aider ses deux sœurs à restaurer la propriété et remettre sur pied l’entreprise familiale.

Rejetée dans son enfance par sa mère narcissique, Céleste est rongée par le manque de confiance en elle. Mais pour éviter de perdre le manoir familial, elle devra trouver le courage d’affronter l’avenir et de prendre des décisions difficiles. La Saison des roses est un roman inspirant et sensible sur le courage, la persévérance et le pouvoir rédempteur de la famille.

Avis

J’avais envie de lectures joyeuses, de romances, de romans historiques…, de casser la morosité et la douleur qui s’échappe de mon corpus de mémoire. Je suis tombée sur ce roman en me baladant sur NetGalley, m’arrêtant d’abord sur la couverture, avant d’être séduite par le résumé. Je me suis donc lancée dans la lecture de ce roman sans chercher bien plus loin et une chose étonnante s’est produite. Il y a, dans la plume de l’auteur, un petit je ne sais quoi qui nous ramène loin derrière, dans des temps victoriens : même en sachant que l'ouvrage était contemporain, rien à faire, mon cerveau continuait de le classer en historique, tant et si bien que je sortais totalement de ma lecture à chaque évocation d’un élément de la technologie (liseuse, ordinateur ou téléphone portable). Malheureusement, ces moments ont été de véritables freins à l’appréciation du roman.

Malgré le synopsis, l’histoire ne se fait pas uniquement autour du personnage de Céleste. Elle prend une grande place, certes, mais ses sœurs, Evie et Gertie, ne sont pas en reste. Notre héroïne s'est mariée très jeune pour fuir le manoir familial et surtout cette mère qui l'a tellement fait souffrir. Trois ans plus tard, elle revient, sa mère est décédée, son mariage est un échec. Le manoir tombe en ruine, les factures s’accumulent, ses sœurs sont acculées et lui demandent de l'aide.

Rancunes, tristesse, et non-dits parsèment le roman : l'auteur arrive à traiter différents sujets en parallèle et le tout s'emboîte parfaitement : divers types de relations, néfastes comme positives, des trahisons, de belles rencontres. Parfois, c’est un peu trop simple, on voit tout arriver un siècle auparavant, mais une personne ayant pu se retrouver dans l’une des situations présentée sera automatiquement touchée.

Tous les personnages ont leur personnalité bien ancrée, leurs réactions, même extrêmes sont cohérentes, de la réserve de Céleste à l’explosivité d’Evie, à l’inverse des hommes qui ne sont que des gentils ou des salauds. J’aurai aimé qu’ils soient autant fouillé que les sœurs et la mère. Notre trio est face à des problèmes conséquents, aucune communication, maison qui s’écroule, affaire qui rame,… mais dans ce grand manoir, il y a également quelques tableaux. Ils sont au centre de l’intrigue principale du roman, et on se doute à l’avance que ce n’est pas des faux ou l’œuvre d’un petit peintre inconnu… C'est vraiment le problème de ce roman a mes yeux : tout est téléphoné, j'ai eu l'impression de voir un téléfilm de l'après-midi et j'ai tout vu venir.

Malgré tout, cette lecture reste très fluide, agréable, et la plume de Victoria Connelly est très divertissante. J'ai été touchée par ce pan de vies entrecroisée, c'était mignon et frais. Amateurs de roses, allez-y, vous en apprendrez sur toutes les sortes et les mélanges que vous pouvez faire dans votre jardin.

En conclusion, une lecture rapide et sans prise de tête, sûrement trop facile à déchiffrer mais qui peut aider à la détente. Les personnage féminins sont bien construits et une ambiance victorienne ressort de ce roman contemporain..

Le livre en un gif



Vous en avez entendu parlé ? Vous l'avez lu ? 
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

samedi 22 juillet 2017

327. CHRONIQUE : Le Souffle des Feuilles et des Promesses.


Le Souffle des Feuilles et des Promesses
Sarah McCoy, 2017
Historique
Langue française - 334 pages
Lecture numérique.
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Hallie Erminie, issue d'une famille de planteurs du Kentucky, est une jeune femme de caractère qui adore écrire. À New York, où elle s'est mis en tête de trouver un éditeur qui publierait son premier roman, elle fait la connaissance de Post Wheeler, un journaliste célibataire et fier de l'être. Tous deux discutent à bâtons rompus de la vie culturelle new-yorkaise, bouillonnante en cette fin de XIXe siècle, et s'attachent l'un à l'autre sans oser se l'avouer. Malheureusement, quand Post part pour l'Alaska du jour au lendemain, la possibilité d'une histoire d'amour s'évanouit.
Commence alors un chassé-croisé qui durera une dizaine d'années, des États-Unis à l'Italie en passant par l'Angleterre ou la France. Tandis que Hallie Erminie rencontre le succès grâce à ses livres, Post Wheeler se destine finalement à une carrière politique. À chacune de leurs rencontres, les sentiments des deux jeunes gens grandissent mais le destin semble peu enclin à les réunir. Oseront-ils s'avouer leur amour ?

Avis

Le mois de juin a été synonyme de lectures lectures lectures. Durant tout un mois, j'ai totalement décompressé du mémoire, avant d'attaquer sa rédaction et j'ai pu lire quelques services de presses (oui, youpee !), dont un livre qui me tentait beaucoup : Le Souffle des Feuilles et des Promesses de Sarah McCoy. Je remercie donc NetGalley et les éditions Michel Lafon.

J'ai dévoré ce roman, lu en deux fois. Et c'est une très belle lecture. Je ne connaissais pas l'auteur et j'ai été totalement séduite par sa plume, à la fois belle et simple, et par son alternance de points de vue. Je ne connaissais pas vraiment le personnage de Hallie Erminie Rives, mais j'ai désormais envie de découvrir sa plume : parce que oui, ce roman est une histoire vraie (un chouia romancée), de l'autrice et de Post Wheeler. J'ai pu découvrir le roman deux fois grâce à cela : une fois sous forme de fiction, puis avec les dernières pages du roman, sous le prisme biographique. Ce qui m'a également permis de faire des recherches sur l'après-roman.

Hallie Erminie Rives est une jeune femme remarquable, forte, affable et effrontée. C'est une femme qui écrit, et qui parle de sujets parfois un peu osé. Tant est si bien que certaines églises l'ont censurée. Elle est prolixe, chaque époque correspond à l'écriture d'un de ses romans, ou à sa publication. En parallèle, nous découvrons le Grand Nord avec un Post qui devient trappeur, puis chercheur d'or. Il touche à tout, vit plusieurs vies. En parallèle, j'ai eu un gros coup de cœur pour Kikmuk, vous aussi vous allez pleurer, je le sais. Cora, Alice, les parents, les amis,… Tous les personnages sont riches, construits, leur vie est passionnante, mais également tragique parfois.

J'ai aimé le chassé croisé de ces deux âmes, que tout destine l'une à l'autre. Mon côté romantique a pris ça comme un roman britannique, à la Jane Austen ou à la Brontë, même si l'histoire se situe à cheval entre la fin du 19ème siècle et le 20ème. Je me suis totalement laissée emportée par cette poursuite, qui s’établit sur des décennies et je suis sûre que vous vous laisserez séduire également.

J'ai bien aimé les messages sur l'édition, le journalisme, la manipulation pour vendre ou non un roman, la recherche du scandale qui donne envie de découvrir l'ouvrage… tout ce que nous vivons en permanence aujourd'hui est déjà mis en place au début du siècle précédent, et ce roman le met en avant par le jeu auquel se soumet Hallie Erminie.

C'est un roman voyageur, on visite le Sud des États-Unis, l'Alaska, l'Europe (Angleterre, Italie,…) mais également Tokyo. On vit sur des bateaux, dans des carrioles, dans des trains. On vit, on prend le temps de vivre, le temps d'écrire, le temps de recommencer une nouvelle fois sa vie. C'est le genre de livres qui donne envie de se lancer, qui donne envie de vivre pleinement sa vie.

Tous les traits de la relation sociale sont abordés, de l'amitié à la romance, du décès à la rancœur, la palette d'émotions dont Sarah McCoy nous fait part est considérable et le lecture n'en est que meilleure. Ce roman retrace des pans de vie, on prend le temps de vivre et de se construire, c'est lent mais on ne s'y arrête pas, les pages se tournent, on est vite happé, par la plume, par les personnages, par un arrière-fond ésotérique.

Pour conclure... Il manquait un petit quelque chose pour que j'ai un coup de cœur mais Le Souffle des Feuilles et des Promesses reste un magnifique roman que je vous conseille vivement. Attirance, destins croisés, personnages forts, voyages, tout y est pour passer un superbe moment de lecture.

Le livre en un gif



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jeudi 6 juillet 2017

323. LCS : H2G2, du livre au film.

Bonjour à tous,

Ça faisait très très longtemps que Mister Sike n'était pas passé sur le blog, et le voilà avec un article sur H2G2, Le Guide du voyageur Galactique. Rappelez-vous, je vous parlais de mon ressenti sur le livre dans cet article. Laissons donc place à la plume full-spoiler de mon camarade bloggueur :

Les chroniques de Sike

Si vous me demandez quel est mon livre préféré je vous répondrais sans hésiter Cloud Atlas. Mais si j'avais le droit à un second choix alors je répondrais Le Guide du Voyageur Galactique par Douglas Adams.


Le Guide du Voyageur Galactique est une trilogie en 5 volumes (oui, réellement) commencée en 1979 pour les livres et en 1978 pour le feuilleton radio. Si vous n'avez pas lu les livres, arrêtez cette critique, allez vous acheter l'intégrale en anglais/allez sur audible pour prendre les livres audios narrés par Martin Freeman. Ensuite recherchez le feuilleton radio et écoutez-le et enfin après ça si vous avez le temps regardez la série. Et si vous ne parlez pas anglais, apprenez le car la traduction française n'est pas optimale et la comédie est un des genres où on perd le plus lors d'une traduction. Enfin si vous me dites « Pas besoin de lire les livres car j'ai vu le film.» je vais vous demander de mettre un stylo entre votre annulaire et majeur puis de, avec votre autre main, serrer aussi fort que possible les doigts. En vue de cette punition douloureuse vous pouvez deviner mon avis du film mais parlons en plus en détails.


Sorti en je-m'en-cogne et réalisé par rien-à-foutre, Le Guide du Voyageur Galactique est un film posthume et la seule chose portant le nom H2G2 que je hais. Parlons du film juste comme film : c'est une comédie rarement drôle et à peine passable. Maintenant parlons adaptation.

I) Le Changement d'humour, ou comment rendre insupportable ce qui était génial.

Un des premiers gros changements qui sautent aux yeux est le changement d'humour entre le livre (Et la série télévisée Et le feuilleton radio) et le film. Le livre a un humour absurde, surréel et des personnages intéressants qui apportent beaucoup à l'univers. Vous pouvez oublier ça pour le film. Une des premières grosses différences est le remplacement de l'humour absurde par de l'humour « Lol-Random » : dans le livre c'est expliqué pourquoi la serviette est l'outil le plus utile d'un voyageur, c'est principalement car quelqu'un qui vit à la dure en voyageant dans les confins de l'univers et a réussi à conserver une serviette est forcément digne d'estime. C'est l'une des forces de la série, tout élément absurde a son explication tout aussi absurde mais possédant sa propre logique. Dans le film la serviette est utile car Lol-Random, le jus de citron rend plus intelligent car Lol-Random et il y a une créature qui vous gifle quand vous avez une idée car Lol-Random. Ensuite le reste de l'humour du roman a été remplacé par, et il n'existe pas de réel traduction à ses mots, du Cringe Humor et du Slapstick. Le Cringe Humor est le type d'humeur quand les personnages sont dans une situation gênante et on est censé trouver leur malaise drôle. Pour moi le Cringe Humor est à la comédie ce que la syphilis est à une orgie. Le Slapstick est l'humour à la Looney Toons quand un personnage est blessé pour notre amusement. Ça peut être drôle...ça ne l'est pas dans le présent contexte. Le pire c'est que les blagues qui ont fait le passage de livre à film ne sont pas faites, elles sont juste cités. La révélation que Deep Thought va mettre 7 millions et demi d'années à calculer la réponse est une longue scène hilarante avec les scientifiques qui interrogent l'ordinateur suivie de l'interruption de deux philosophes menaçant de faire grève, ect. Dans le film c'est dit et on passe à autre chose.

II) Les Personnages, ou la preuve que personne ne fut épargné. 

Passons à autre chose, les personnages. Il existe trois types de personnages dans ce film : les complètement ratés, les partiellement réussis avec un gros mais et les personnages originaux. Dans les complètement ratés on trouve Arthur Dent et Ford Prefect. Dans le film Arthur est une victime sans cran qui passe son temps à pleurnicher et à être apeuré… dans les romans Arthur a défié Thor à un combat à mains nues et a décapité un robot tueur. Ce n'était pas un héros de film d'action mais c'était un fier anglais qui observait les étrangetés de l'univers avec un flegme légendaire et avait une sacrée paire de burnes. Ensuite Ford. Plusieurs mots me viendraient en tête pour décrire Ford : sarcastique (sans savoir ce qu'est le sarcasme j'ajouterai), manipulateur, hédoniste, égoïste et charmant. Aucun de ces mots ne fut retenu pour le film où Ford est un personnage complètement creux qui a l'air de s'emmerder tout le long du film. Parti le Ford qui arrive à convaincre le chargé de la destruction de la maison d'Arthur de se mettre en face du bulldozer à la place de Arthur avec sa propre logique absurde et bonjour au Ford qui confond les hommes et les femmes humaines (ALORS QU'ABSOLUMENT TOUS LES ALIENS, sauf les Vogons, RESSEMBLENT À DES HUMAINS DANS LE FILM !). Ensuite le partiellement réussi avec le plus gros MAIS est Zaphod Beeblebrox the Nothingth (20 points si vous avez la référence). Déjà dans les aspects réussis le côté excentrique et narcissique MAIS un homme dont la seule description du livre est «humanoïde, hormis le troisième bras et la tête supplémentaire » a deux bras et une tête. «Mais Mister Sike, Haut-Prêtre du culte de Nyarlathotep, Zaphod a une deuxième tête sous son menton et un troisième bras sous la chemise. » Deux choses : d'abord dans le livre il a une tête droite et une tête gauche qui se jettent des regards complices par moment. Ensuite on lui enlève sa seconde tête et troisième bras au bout de 50 minutes de film après lesquelles le personnage est méconnaissable puisque lobotomisé. Tricia Macmillan, ou Trillian, est réussi pour la plupart mais elle ne finit pas avec Arthur dans les romans : après avoir quitté Zaphod elle décide de ce concentrer sur sa carrière pour ne plus être définie par avec qui elle sort. Dans le film tout son développement de personnage est centré sur avec qui elle décide de sortir car c'est un personnage féminin dans un film : son rôle est donc forcément centré autour d'un personnage masculin. Ensuite les Vogons ont un design très réussi...mais c'est tout. Dans le livre ils sont extrêmement bureaucratiques et désagréables mais ils n'étaient pas stupides. Vous voulez une preuve ? Dans le dernier livre, ILS GAGNENT ! Ensuite pas un personnage à proprement parler mais The Heart of Gold a l'air cool...mais ils ont oublié toute la partie du livre qui explique que ce ne sont que des apparences : la système d'Improbabilité Infinie est révolutionnaire mais on arrive rarement où on a envie d'aller, l'ordinateur est enthousiaste au point de donner la nausée, le robot de bord est dépressif, les portes sont tellement contentes de s'ouvrir qu'elles doivent vous le dire et la cuisine a un appareil qui analyse vos papilles gustatives, scanne votre cerveau et sert toujours le même liquide dégueulasse. Et enfin Marvin est sûrement le personnage le plus réussi mais son design n'est pas optimal : il a été conçu pour être un robot rigolo avec qui on aime passer du temps, la dépression est un effet secondaire et indésirable de son intelligence. Ici il a l'air physiquement d'un robot déprimé : qui aurait envie de l'acheter ? Enfin les personnages originaux... ils n'ont aucun intérêt et font vraiment intrus dans l'univers.

III) L'Histoire, ou l'incompréhension de ce qui est composé avec 26 lettres.

Le film suit le roman à peu près jusqu'à leur visite de Humma Kavula (pas son nom ? M'en branle) qui est originale. Hanna Katana leur dit que même un générateur à Improbabilité Infinie a besoin de coordonnées et là je dis bullshit. Certes c'est extrêmement improbable de trouver sa destination sans coordonnée, sans aucune idée d'où la destination est...MAIS C'EST LE BUT DU GÉNÉRATEUR D'IMPROBABILITÉS ! Justement c'est extrêmement probable de trouver un endroit avec des coordonnées. Ensuite Zaphod perd sa seconde tête et ne fait rien du film. Puis Tricia se fait kidnapper par les Vogons car c'est un personnage féminin dans un film et ils vont la secourir. Il ne s'y passe rien d'intéressant donc passons. Après ça ils vont vers l'histoire du romain avant de complètement déraillé à la fin. Dans le film les Vogons arrivent sur Terre-2 pour arrêter Zaphod et après un affrontement ridicule où les Vogons ne sont que des Comics-Relief (plutôt qu'une réelle menace dans le livre), les Magratheans redonnent vie à tous les Terriens et tout est bien dans le meilleur des mondes. Dans le livre la Terre reste détruite, les gens sont vraiment morts et les Vogons vont très bien. Oh et pour m'énerver il décide d'aller au Restaurant à la fin de l'Univers et Marvin dit que c'est de l'autre côté...T.E.M.P.O.R.E.L.L.E. LA FIN TEMPORELLE DE L'UNIVERS. Sinon ce serait le restaurant à la frontière de l'univers ce qui N'EXISTE PAS. Car malgré l'humour, Douglas Adams comprenait l'univers et sa taille et le nihilisme d'être un être insignifiant dans cet univers était un thème récurrent des romans. Ici le film se termine par une Happy Ending vomissante et une blague de merde. Ça va plus loin tous les changements du film empêche toutes suites : plutôt que 6 personnes, tout le monde sait que le Président n'a aucun pouvoir rendant impossible les événements du second roman, la Terre est revenu, Arthur décide de quitter la Terre et les Vogons vaincues donc le quatrième et cinquième livre sont impossible.

IV) Le Reste, ou pourquoi ma nouvelle chemise est une camisole. 

Enfin finissons sur certains points qui m'ont énervé : pourquoi tous les aliens ressemblent à des humains ? Ça coûtait trop cher de mettre un peu de maquillage et quelques prothèses ? Les seules aliens qu'on sait humanoïde c'est Ford et Slatibartfast. C'est l'un des problèmes de ce film, la fainéantise : pourquoi mettre deux têtes à Zaphod ? C'est moins compliqué de lui en mettre qu'une. Pourquoi donner une explication aux trucs absurdes de l'univers ? Pourquoi donner une personnalité au personnage ? Pourquoi développer les idées qu'avait Douglas Adams avant de mourir ?

En conclusion le Guide du Voyageur Galactique est une adaptation catastrophique du roman. Pire que ça c'est une adaptation sournoise, c'est comme un steak végétarien : ça ressemble à un steak, ça a la texture d'un steak mais dès qu'on le goûte on se rend compte que ça n'a rien à voir.

Si vous voulez mon avis en un gif :


Cet article a été écrit par Mister Sike. Mister Sike est un critique qui vise à être dur mais juste. Lorsqu'il ne s'énerve pas sur des adaptations médiocres sur ce site, il s'énerve sur des adaptations médiocres sur le sien. Il peut parfois faire des critiques positives et a écrit cette biographie.

samedi 1 juillet 2017

320. CHRONIQUE : The Paper Magician, tome 2. The Glass Magician.


The Paper Magician, tome 2 : The Glass Magician.
Charlie N. Holmberg (2017)
Fantasy
Langue française
Lecture numérique.

Chronique The Paper Magician (tome 1)
Acheter The Glass Magician (tome 2) 

Attention ! Spoilers sur la fin du tome 1 :
Trois mois après avoir rendu son cœur au magicien Emery Thanes, Ceony Twill est bien partie pour devenir Plieur. Malheureusement, toutes ses pensées ne sont pas uniquement tournées vers la magie du papier : bien qu’on lui ait prédit une histoire d’amour, Ceony n’a toujours pas réussi à dépasser la barrière étudiant-professeur qui la sépare d’Emery, en dépit de leur intimité grandissante.

Lorsqu’un magicien revanchard est persuadé que Ceony possède un secret, il fait le vœu de le découvrir… même si cela doit compromettre l’essence même de leur magie. Ceony comprend qu’elle devra trouver les vraies limites de ses pouvoirs quand ceux qu’elle aime le plus se retrouvent victimes d’une série d’attaques dirigées contre elle… tout en faisant en sorte que son savoir ne tombe pas entre de mauvaises mains.

Avis

Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Amazon Crossing pour l'envoi de ce SP numérique.

J'avais énormément apprécié le premier tome, mais j'avais parlé de quelques irrégularités dans le rythme, d'une utilisation presque inexistante d'Emery Thane et j'avais peur de retrouver une Ceony toute in love, ce qui ferait d'une héroïne casse-cou et (trop) intrépide une guimauve raplapla. Une nouvelle fois, ce court roman est une réussite (même si mon avis est plus en demi-teinte) : les pages se tournent à une allure folle et une fois que vous l'avez commencé, vous ne pouvez plus le lâcher.

On ne pouvait pas se tromper... Maintenant que Ceony a littéralement parcouru le cœur d'Emery, elle en est éprise. Je sais qu'apparemment le professeur fait partie des fantasmes romantiques de base, mais peut-être que j'aurai aimé un roman dénué de tous sentiments amoureux. Il faut dire qu'ici, je n'en vois pas l'intérêt. L'apprentie magicienne passe une grosse partie de ce court livre à être aux petits soins et à se poser mille et une questions sur son cher et tendre, devenant une véritable mère poule, cliché de la ménagère des années 50', alors qu'elle est censé être forte et téméraire.

Ne vous inquiétez pas, elle reste téméraire, plus même : inconsciente. Si vous pensiez qu'elle ne pourrait pas aller plus loin que dans le premier tome, attendez de lire celui-ci. Lorsqu'une série d'attentats semblent impliquer Ceony, elle fonce dans le tas, tête la première, sans penser aux conséquences.

Ce tome est résolument plus sombre : attentat, explosions, torture, combat. J'ai été déçue que le gros psychopathe de la bande « portait des vêtements ordinaires, mais il se distinguait par sa peau mate et sa haute taille », dans un roman d'ambiance victorienne, et légèrement steampunk, j'ai trouvé que ça ancrait le roman dans cette problématique que l'on retrouve de plus en plus et qui nous fait tant régresser :la peur de l'autre par discrimination physique et l'association terrorisme et personne de couleur. Ça m'a vraiment dérangée, Ceony ajoute qu'elle «  n'avait aucune raison de soupçonner un étranger. beaucoup d'immigrés vivaient en Angleterre » mais c'est bien le cas. Pour calmer mes élans ronchons, je me suis dit qu'elle avait peut-être senti son aura de méchant et ne s'était pas intéressée à son ethnie, appelons-ça le bénéfice du doute. Quoiqu'il en soit, j'aime les capacités et la réflexion de cet homme.

Par Mg. Aviosky et surtout Delilah, une amie de Ceony, nous en apprenons plus sur la magie du verre, et c'est véritablement passionnant d'imaginer tout ce qui pourrait ressorti d'un tel produit. J'aime toujours autant le fait que la magie ne soit pas omnipotente mais le fruit d'un grand travail et d'un liaison, entre un être humain et une production humaine : métal, papier, verre, caoutchouc, tout à un intérêt et j'aime voir les différentes possibilités de chaque magie. J'apprécie également le côté stage et institutionnalisation du milieu magique, qui fait penser à l'institution scolaire (avec un peu plus de fun quand même…)

La question du rythme disparate se retrouve de nouveau dans ce tome, début lent, beaucoup d'actions trop rapides par la suite. Mais cet enchaînement est peut-être également ce qui fait qu'on ne lâche pas le roman. Emery Thane est un peu plus mis en avant que dans le premier tome, mais toujours pas assez à mon goût, tout comme Mg. Aviosky. Certains personnages apparaissent pour disparaître tout aussi instantanément alors qu'ils me semblaient intéressants : peut-être reviendront-ils dans l'ouvrage suivant ? Grath restera le personnage que j'ai le moins apprécié, à la fois terrible, admirable par sa détermination, mais également affaibli par les sentiments, il reste un méchant sympa mais sans plus.

Que va-t-il se passer dans le troisième tome ? Comment Ceony va pouvoir accepter les conséquences de ses actes irréfléchis ? Quelles vont être les répercussions cette découverte majeure de fin de tome ?

En conclusion, La plume de Charlie N. Holmberg est toujours aussi fluide, se lit toujours aussi bien et vite. L'abus de sentiments sont parfois trop lisses ou trop attendus et j'aurai aimé plus de mystère mais l'action est là, les rebondissements, ainsi qu'un univers plus sombre et percutant. J'ai hâte de découvrir le dernier tome The Master Magician et d'avoir la réponse aux potentielles questions que l'on peut se poser.

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lundi 1 mai 2017

305. CHRONIQUE : Coline ou les couleurs du temps


Coline ou les couleurs du temps
Yannick Jaulin et Benoit Perroud (2017)
Album jeunesse
Langue française
Lecture papier.
Il ne faudrait pas raconter d'histoires aux enfants. A force de raconter à Coline que son humeur fait la pluie et le beau temps, elle finit par y croire... Son papa essaye bien de calmer ses vents mauvais, mais il restera au fond d'elle un enfant tout puissant qui devra apprendre à maîtriser ses émotions pour pouvoir faire grandir le bleu de son ciel.

Avis

Je tenais à remercier la masse critique Babelio et les Editions Marmaille & compagnie pour m’avoir envoyé ce livre qui me tentait énormément, tant par sa jolie couverture (toute velouté, toute douce, j’adore !) que par son thème. Coline est une petite fille hypersensible, son père lui a toujours raconté qu’elle faisait, littéralement, la pluie et le beau temps et un jour, elle se rend compte que c’est peut-être effectivement le cas.

L’album est beau, carré, soft touch’, très agréable à manipuler et à lire, j’aime beaucoup la couverture, et leur intérieur : animaux, insectes, éléments que l’on retrouvera dans notre lecture. Malheureusement, j’ai été déçue par une grande partie du graphisme intérieur : illustrations trop enfantines peut-être trop brouillonnes, alliant monde foisonnant ou détails absents, et paradoxalement, certaines planches superbes. L’album est coloré, mélangeant effrayant et attrayant avec brio, sa qualité irrégulière reste dommageable.

Autre point négatif, le vocabulaire. Alors oui, c’est un album à partir de 5 ans, mais lorsque l’on se retrouve à ne pas connaître de nombreux mots, c’est assez frustrant. Je pense que ces termes sont régionalistes, ancré dans la région d’écriture des auteurs. Mais se retrouver à chercher pignasser, rimajer ou mélounant, ça a de quoi agacer le lecteur. Ou alors est-ce des licences poétiques ? Mais il y en aurait peut-être un peu trop…

J’ai beaucoup apprécié la dualité dans l’album, l’idée de bien de mal, la manière d’appréhender l’enfant, ses croyances et émotions. Donner un pouvoir tel à une petite fille (et elle est rousse, youpee), c’est en donner de l’importance. De même, les clins d’œil, l’intertextualité du texte en fait sa force, entre autres : la grenouille couronnée, le corbeau en haut de forme…

Une petite anecdote pour la fin ? Lorsque j’ai reçu ce service presse, je l’ai emporté avec moi pour un trajet en bus. Nous avons eu un petit accident et nous avons passé plus d’une demi-heure à attendre que le constat se fasse. Deux petites filles étaient assises en face de moi, et ce sont elles qui ont eu le privilège de lire cet album en premier. Leurs retours ont été très positifs, elles ont adoré.

En conclusion, un album très mignon tout doux, qui plait beaucoup aux enfants mais assez inégal dans son contenu. On en ressort quand même avec une impression générale positive.

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dimanche 16 avril 2017

304. CHRONIQUE : Le maître d'armes.


Le maître d'armes
Xavier Dorison et Joël Parnotte (2015)
BD historique
Langue française
Lecture papier.
"L'honneur, quand on n'a plus rien, c'est tout ce qui reste."

Avis

Je tenais à remercier chaleureusement Priceminister pour son opération Angoulême : nous avions le choix entre différentes BD toutes plus attrayantes les unes que les autres et j’ai eu la grande chance de recevoir chez moi Le Maitre d’Armes de Xavier Dorison et Joël Parnotte. Je me suis donc lancée, pleine d’attentes, dans cet ouvrage qui a remporté le prix du manga international 2017 au Japon, une sacré récompense !

Dorison est un très bon scénariste qui nous sert la brutale confrontation de deux époques : la fin du Moyen Age, le début de la renaissance, et une myriade de chocs. Épée ou rapière, noblesse ou peuple, l’ancien contre nouveau, lorsque le dur labeur est renversé par la rapidité. La fin des valeurs chevaleresques et de la question de l’honneur. Et la religion, bien sûr, cette BD en est pleine. Plus que scénariste, Dorison est cinégraphe, tout y est de l’aventure de capes et d’épées au magistral combat final. On pourrait penser que c’est une succession de péripéties toutes plus barbares les unes que les autres, mais il y a une émotion palpable sur certaines planches, qui donneront des frissons, et encore plus sur la dernière.

Sa visée est plus que mise en valeur par les dessins de Joël Parnotte. J’ai toujours beaucoup de mal à apprécier les visages, et pourtant ici, tout le monde a sa personnalité propre, se reconnait, même de loin lorsque les traits sont un peu gros. Les paysages sont superbes, certaines coupes rapprochées, pour les yeux ou les mains, sont de grandes qualités et dès la couverture, les premières de couverture et la première page, nous savons que le graphisme sera maitrisé. Le jeu de couleurs, de contrastes est superbe, la dureté des scènes est d’un réalisme prenant. Et pourtant, je n’ai été transportée par les dessins, heureusement que certaines planches ont été pour moi des petits coups de cœur.

Tous les personnages sont intéressants, dans leur peurs, volontés, évolutions. Hans Stalhoffer ne semble pas pouvoir passer le cap de ce changement d’époque, vieux chevalier empli d’honneur et de crainte, fier et désenchanté, se retrouve presque bien malgré lui à suivre la quête folle de Gauvin, un médecin qui l’a couturé plus d’une fois. Cet homme transporte une Bible en vulgaire, c’est-à-dire en français, il est accompagné du jeune et naïf Casper, qui saura toucher le lecteur plus d’une fois. De l’autre côté nous avons le Némésis d’Hans, Giancarlo Massimo Alessandro di Maleztraza, un homme entraîné à la rapière, qui veut que l’ancien maitre d’armes ne soit plus, jaloux et craintif, vivant dans la peur d’être un jour détrôné et Thimoléon, qui se retrouve, avec ses hommes, pris dans une traque inutile. A travers les cent pages de cette bande-dessinée, nous nous rendons compte que même le plus abject des personnages est profondément humain et c’est peut-être ce qui fait que cette lecture est si appréciée.

En conclusion, je peux vous assurer que l’on peut faire lire cette BD à presque tout le monde. Tout y est, si tant est que l’on aime l’histoire et les combats à l’épée. C’est juste, cruel, vrai. Le scénario fait plus que tenir la route et le duo Dorison-Parnotte fonctionne excessivement bien. J’aurai aimé que le combat final soit plus détaillé, et certaines illustrations plus travaillées, mais en un seul mot : épique ! 8/10. 
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jeudi 6 avril 2017

301. CHRONIQUE : La Cité des Méduses.


La Cité des Méduses (Kudottujen kujien kaupunki)
Emmi Itaranta (2017)
Science-Fiction
Langue française
Lecture numérique.
« Je rêve encore de l’île. Parfois je m’en approche par les eaux, mais le plus souvent par la voie des airs, comme un oiseau, le grand vent sous mes ailes. »

C’est sur cette île, dans la cité des Méduses, qu’Eliana, citoyenne modèle, a grandi. Tisseuse au palais des Toiles, elle s’acquitte chaque jour avec application de sa tâche, dissimulant au monde un lourd secret. Sa solitude prend fin lorsqu’une intruse est découverte dans le palais, la langue coupée. D’où vient-elle? Que fait-elle ici? Le seul indice tient en un prénom tatoué sur sa main: « Eliana ». Les deux jeunes femmes se retrouvent bientôt au cœur d’une machination orchestrée par le Conseil.
Et si, pour survivre et sauver l’île des eaux qui commencent à envahir les rues, Eliana n’avait d’autre solution que de faire appel à ce don qu’elle avait jusqu’alors considéré comme une malédiction: rêver.

Avis

Un grand merci aux Presses de la Cité et à Netgalley pour m’avoir fait découvrir ce très beau roman. Tout d’abord attirée par un très bel objet livre, le synopsis a fini de me séduire. Pouvons-nous imaginer que nos rêves soient associés à une peste ? Un monde où les rêveurs seraient impurs ? Nous nous retrouvons plongé dans une dystopie, une douce science-fiction, loin des grandes virées dans l’espace ou de combats de sabres laser, et qui pourraient séduire les plus hermétiques au genre.

La plume d’Emmi Itaranta est douce et poétique. Elle effleure, caresse le lecteur mais lui reste parfois imperméable, car bien trop mystérieuse. L’auteur instille en pointillé ses idées, dans un cadre insulaire onirique, presque ancré dans notre réalité, et dans une temporalité inconnue. La description de l’île est lacunaire, nous n’en découvrons que quelques points, cruciaux dans l’avancée de l’histoire, telle une série de clichés pris aléatoirement. J’aurai aimé en savoir beaucoup plus, sur la ville, l’histoire de l’île, le conseil. De même, les personnages auraient pu être bien plus développés, mais ce bémol n’en est pas vraiment un, puisque le livre suit les pas d’Eliana.

Des extraits de rêveries en italiques parsèment le roman, de très beaux passages, poétiques, forts et parfois malmenés par un brusque retour à la réalité. Tant et si bien que je me suis demandé s’il ne manquait pas une page, parfois. Le texte est lent, on peut d’ailleurs parfois regretter un manque d’action, mais de mon point de vue, ce n’est pas un défaut. Les relations, les craintes ont le temps de se nouer, l’histoire est traversée de rebondissements qui s’installent, correctement.

J’ai aimé qu’Eliana subisse son environnement et traverse des choses horribles, ça l’a rendue beaucoup plus humaine et fragile, même si parfois, elle ne m’a pas semblée être en adéquation avec les événements, peut-être parce qu’elle a toujours appris à se dissimuler au milieu des autres tisseuses et à ne jamais laisser une autre personne que son frère la connaître vraiment. J’aurai vraiment aimé que la personnalité de ce dernier soit plus développée et qu’il se fasse beaucoup plus présent dans le roman. Valéria m’a également beaucoup plu, nous la rencontrons lorsqu’elle arrive au palais des tisseuses, elle a le prénom d’Eliana tatoué sur la main, et une langue en moins. Elle m’a beaucoup touchée, son mutisme fait tout son charme et sa force.

J’ai aimé la romance, saupoudrée dans le texte, très belle. Ça fait du bien de ne pas lire un roman qui utilise la sexualité pour augmenter son nombre de pages mais de tomber sur quelque chose d’aussi poétique. De même, j’ai aimé que de terribles obstacles et tragédies bouleversent nos deux personnages principaux. Les personnages ne sont pas parfaits, des malheurs leurs tombent dessus, elles auraient toutes deux préféré une vie simple et tranquille. Et c’est toute la force de ce roman. L’histoire est palpable, on peut facilement s’identifier à la peur, la privation, et autres sentiments puissants rencontrées au fil des pages.

En conclusion, j’ai passé un moment très agréable avec cette lecture, malgré des passages assez obscurs et une fin trop rapide. Je n’ai malheureusement pas eu ce petit quelque chose qui m’aurait fait avoir un coup de cœur. Ma curiosité n’a pas été assez satisfaite pour passer ce cap. Eliana et Valéria ont été deux personnages qui m’ont beaucoup touchée, tout comme la plume de l’auteur, dont j’espère lire d’autres livres prochainement.

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vendredi 31 mars 2017

300. CHRONIQUE : Les livres exquis.


Les livres exquis
Fanny Vandermeesch (2016)
Romance
Langue française
Lecture numérique.
Chloé n'aime pas la routine. Maman de deux enfants, mariée à un homme qu'elle ne voit jamais, elle refuse de rester la gentille femme au foyer qui attend son mari. Quand elle lit dans le journal qu'un café littéraire, "Les livres exquis" cherche une serveuse en CDD, c'est le rêve. Or, si elle s'entend à merveille avec le comptable, les débuts sont difficiles avec le patron, David. Et quand elle découvre son portrait dessiné à plusieurs reprises dans le carnet d'une cliente mystérieuse qui s'est volatilisée, elle comprend qu'elle arrive à un tournant de sa vie. Entre muffins brûlés, énigme, crises de larmes, de rire, voyages et révélations, la vie de notre héroïne ne sera plus la même

Avis

Je tenais à remercie Fanny Vandermeersch, l’auteur de cette belle romance feel good, de m’avoir fait parvenir une copie de ce roman. Cette première romance est très prometteuse, surtout que l’auteur est du genre prolixe : déjà à son troisième roman ! Et également toutes mes félicitations pour son rêve prémonitoire. J’ai lu ce livre d’une traite pour le terminer le 14 février, vers une heure du matin. Une fois commencé, je ne pouvais pas le lâcher.

La plume de l’auteur est belle car elle est simple, accessible. Elle parle de notre quotidien sans pour autant tomber dans le bateau. Dès les premières lignes, nous faisons face à une présentation très réaliste de la famille de Chloé et le lecteur peut s’identifier à elle directement, et pour le reste du livre. Le réel est prégnant, on se reconnait à travers ce personnage, que ce soit physiquement, moralement ou au niveau de ses expériences : elle est simple. Pas d’histoire de milliardaire, pas d’histoire de call-girl, non : juste une femme qui se sent mal dans son couple, qui n’en est plus vraiment un, écrasée par son travail de mère et qui tend vers la renaissance par le travail, l’indépendance.

« Les livres exquis », c’est le nom d’un petit café littéraire dont notre héroïne va tomber amoureuse. Autant vous dire qu’à ce moment-là, je frissonnais, rêveuse. C’est mon objectif absolu dans la vie, avoir mon petit café littéraire, j’en rêve depuis longtemps et j’espère qu’un jour,… Si je n’avais pas été conquise jusque-là (et je l’étais déjà), j’aurai craqué. Ce café, c’est l’Eden de Chloé. Au fur et à mesure, elle se rend compte que son époux, Thierry, n’est plus celui qu’il était. J’ai eu envie de l’étrangler, je vous laisserai lire le roman pour en savoir les raisons. J’ai eu un peu de mal avec le personnage de David au début mais au final, ça s’arrange. J’ai eu un petit coup de cœur pour Tristan, et les enfants bien entendu, sont adorables. Clara est le genre d’amie, que l’on aime autant que l’on déteste.

J’ai aimé que ce livre ne soit pas entièrement centré sur une romance, que Chloé subisse ce que bon nombre de femmes a dû supporter et surtout, la quête identitaire qui traverse la seconde partie du roman. J’ai aimé le dénouement mais malheureusement, je trouve que la fin est trop rapide. Bon, je ne dis pas que je n’ai pas fait couler une petite larmichette, mais je n’aurai pas dit non à quelques pages de plus.

Pour conclure, une très jolie surprise et un beau roman qui fait croire en l’avenir. L’auteur est adorable, accessible, écrit très bien. Je n’ai plus qu’à lui souhaiter le plus beau des succès. Et parce que c’est drôle, ne vous arrêtez-pas sur « Si ça tombe » à la place de « si ça se trouve », ça se dit dans le Nord !

[Le blog de Fanny]

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mardi 28 mars 2017

297. Top Ten Tuesday #14.

Top ten tuesday

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français pour une 2e édition sur le blog Frogzine.

Thème de la semaine : Les dix premiers livres chroniqués sur mon blog.

☁
Ce thème a été une révélation, je me souvenais que mon blog avait tout d'abord été tournée vers le cinéma et la culture, mais je ne savais plus que j'avais mis aussi longtemps avant d'introduire la littérature dans mes articles... Les dix premiers livres chroniqués sur mon blog la première année s'étalent donc sur 2014 et 2015... Et oui, mon blog a déjà 3 ans :) Cliquez sur les titres, vous arriverez à la chronique en une seconde !




Like the beast, 8 tomes - Kotetsuko Yamamoto (2013) - Manga Yaoi. Chronique après les 6 tomes sortis en France à ce moment-là. J'en garde un très bon souvenir. Divergent, 3 tomes + 8HS - Veronica Roth (2011) - SF (dystopie) Jeunesse. Tout comme la chronique suivante, c'était une mise en parallèle livre/film, et non pas une chronique à proprement parler... Un livre que j'avais beaucoup apprécié à l'époque Nos étoiles contraires - John Green (2013) - Romance Jeunesse. Comme pour le précédent, plus une comparaison qu'une véritable chronique. Un livre qui m'avait véritablement fait fondre. L'Assassin Royal : L'apprenti assassin 13 tomes - Robin Hobb (1995) - Fantasy. Ma première vraie chronique, celle qui commence à diviser ses paragraphes pour parler de thèmes précis, comme je le fais aujourd'hui. Une très belle lecture qui a déclenché mon amour pour Robin Hobb L'Assassin Royal : L'assassin du roi 13 tomes- Robin Hobb (1996) - Fantasy. Et le second tome est arrivé dans la foulée, ce livre m'avait passionnée.


L'Assassin Royal : La nef du crépuscule, 13 tomes - Robin Hobb (1996) - Fantasy. Je continue d'adorer, à m'attacher aux personnages et à pleurer arrivée à la fin. L’Épreuve, le labyrinthe 3 tomes + 4 HS - James Dashner (2009) - SF (dystopie) Jeunesse. J'avais également essayé les chroniques avec des spoilers, où l'on passe la souris pour dévoiler des choses... Page-turner intéressant qui s'essouffle au fil des tomes. Cinquante nuances de Grey, 4 tomes - E. L. James (2011) - Romance Contemporaine. Et encore avec les spoilers. Une lecture laborieuse et inintéressante. Le monde de Charlie - Stephen Chbosky (1999) - Contemporaine Jeunesse. Et je me décide pour le modèle presque final de mes chroniques : entièrement sans spoiler, auquel se rajoutera un résumé de deux lignes et un gif par la suite. Un livre apprécié mais sans plus. xxx Holic, 19 tomes - Clamp (2003) - Manga Seinen. Un nouveau manga et je décide de ne parler de mes lectures mangas qu'en fin de sagas, aujourd'hui, j'hésite à changer ça... 

Et vous, quelques sont les premiers livres chroniqués sur votre blog ? Avez-vous lu l'un de ces livres ? Est-ce que vous les avez appréciés ? Si vous souhaitez mettre le lien vers votre Top Ten Tuesday, n'hésitez pas :)
 

jeudi 23 mars 2017

296. CHRONIQUE : L'Alchimiste


L'Alchimiste (O Alquimista)
Paulo Coelho (1988)
Conte philosophique
Langue française - 190 pages
Lecture papier.
Un jeune berger andalou, Santiago, part à la recherche d'un trésor enfoui au pied des pyramides. Il découvrira pendant son périple la clef d'une quête spirituelle. Dans le désert, initié par l'alchimiste, il apprendra à écouter son cœur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve. Destiné à l'enfant que chaque être cache en soi, L' Alchimiste est un merveilleux conte philosophique, que l'on compare souvent au Petit Prince, de Saint Exupéry, et à Jonathan Livingston le Goéland, de Richard Bach.

Avis

Dans le cadre de mon challenge « La BBC parle de livres », j’ai créé une lecture commune pour ce conte philosophique. J’ai été agréablement surprise du nombre d’inscriptions, ça m’a fait bien plaisir, et encore plus lorsque le 21 mars est arrivé et que tous les participants ont discuté de leur ressenti sur le forum, malgré mon absence (court séjour à l’hôpital). Merci à tous ! J’ai aimé voir se côtoyer avis positifs, et négatifs, car ils étaient tous construits et cela nous montre à quel point la philosophie touche tout le monde de manière différente. Dans mon cas, le retour est positif, petit point sur la lecture !

Tout d’abord, j’ai trouvé la plume de Paulo Coelho vraiment très belle : pleine de poésie, mais également simple. Elle se fait belle et accessible, chose qui n’est pas toujours facile. La philosophie épouse la poésie dans ce conte et on peut en sortir de très belles citations, mottos, devises possibles dans la vie.

Je suis entrée dans une phase particulière depuis quelques mois : des envies d’aventures, de voyages, de découverte. Plus de livres de développement personnel pour plus de libertés et surtout de courage. C’est quelque chose qui est profondément ancré, alors bien entendu, ce livre m’a donné envie d’écouter un peu plus mon cœur, de découvrir ma légende personnelle.

Ce roman est très court mais ne se lit pas d’un traite, il est dense, donc conséquent à digérer. On en lit quelques pages par-ci, d’autres par-là. Je pense que sinon, on peut frôler l’overdose. J’ai eu un peu de mal avec la dimension religieuse que l’on retrouve énormément dans le livre. Je pense également que la fin peut être comprise de différentes façons et j’ai envie de croire qu’elle rejoint la phase du père du narrateur, dont je vous parlais dans mon Mardi sur son 31 #02.

Je pense également, qu’en plus de son côté répétitif, on pourrait croire que l’histoire est creuse. Santiago est attachant mais m’a parfois fait lever les yeux au ciel. Le schéma rencontre-solitude est propre au périple initiatique de ce jeune berger et il faut voir plus loin que l’histoire en elle-même, et véritablement le chemin à parcourir.

Quelques mots ressortent de cette lecture : réfléchir, sentir, aimer, vivre, rêver. Savoir s’écouter et écouter le monde. J’ai beaucoup apprécié le cri d’humanité qui sortait de ce roman (même si la ronchon en moi n’a pas aimé les stéréotypes à foison que pouvait sortir Santiago en se basant uniquement sur les origines d’autrui, autre point qui m’a beaucoup agacé avec la religion).

Pour conclure, je pense que c’est un très beau conte philosophique, de qualité, inspirant, mais que je ne rapprocherai pourtant pas pour autant du Petit Prince (que j’ai très envie de relire). Court et pourtant foisonnant, un livre à relire à différentes périodes de sa vie, pour des impacts différents, je suppose. Une belle lecture que je ne regrette pas.

Les autres chroniques rédigées dans le cadre de la lecture commune : [Frou64] [Lulubel] [Leeloo lit tout] et [Mandorla]

 Le livre en un gif 




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jeudi 2 mars 2017

288. CHRONIQUE : Une histoire des pirates.


Une histoire des pirates
Jean-Pierre Moreau, 2006
Historique
Langue française - 599 pages
Lecture papier.

Pirates. Le mot fait trembler et s'accompagne de clichés: pavillon noir, abordages sanglants, or, argent et pierreries, amours sans frein, liberté... La réalité que révèle le livre de Jean-Pierre Moreau n'a rien à envier au mythe. Les flibustiers, corsaires et pirates de chair et d'os étaient basques, bretons, gascons ou normands, espagnols ou britanniques. Certains avaient un grand cœur, quelques-uns furent des prédateurs psychopathes. Ils écumèrent les mers dès le XVIe siècle, traquant les galions isolés et attaquant les colonies espagnoles.Héros nationaux, puis personnages de pacotille revus par Hollywood, les pirates furent présentés après mai 1968 comme des libertaires, ancêtres des anarchistes. L'auteur revient ainsi sur la manière dont les "picoreurs des mers" se transformèrent en figures de légende.

Avis

Tout d'abord je tiens à remercier chaleureusement Babelio et les éditions Tallendier (Coll. Texto) de m'avoir envoyé ce petit pavé de recherches de 599 pages. J'aime beaucoup l'histoire, j'adore les pirates, et les cours, une grosse partie de ma vie. Autant dire que tout partait pour le mieux. Un mix histoire-sociologie, de quoi passer un bon moment.

Ce livre est intéressant, bien construit, peut se lire de manière déstructurée si le tueur le souhaite. Aller à son gré d'avant en arrière et inversement selon nos envies du jour. La plume de Jean-Pierre Moreau est facile d'accès même s'il s'amuse à placer çà et là des mots un peu plus complexes. J'ai bien aimé le glossaire même si j'ai parfois cherché dans la mauvaise sous-partie.

Je pense que je relirai des passages de ce livre car tout lire d'une traite est compliqué : des centaines de dates perdent le lecteur. Surtout que l'on revoit parfois plusieurs fois les mêmes. Alors sur 80-100 pages, ça peut encore passer, malheureusement, par la suite ça devient un peu plus compliqué à suivre, tout s'embrouille dans notre petit cerveau, on finit par lire des moments qui nous intéressent moins en diagonale avant de connaître un regain d'attention avec des parties telles que l'âge d'or, les mythes pirates ou encore leur quotidien. La relation à la liberté et à l'esclavage m'a impressionnée. (Et pas souvent dans le bon sens)

La richesse de ce livre est impressionnante, mais j'insiste sur le fait que la succession de dates est fastidieuse, ce qui rend difficile la lecture alors que l'on souhaiterait juste absorber toute cette connaissance. Loin du Capitaine Jack Sparrow, l'auteur démystifie ces pirates, ou plutôt flibustiers. Car c'est le terme qui va revenir le plus souvent dans cet ouvrage. Dès les premières pages nous avons le droit à un ensemble de définitions qui nous serons très utiles par la suite : pirate, corsaire, flibustier, boucanier. Il nous parle de la brièveté de cette vie, de la mort à la reconversion, on reste rarement pirate très longtemps...

Pour conclure... Un très bon livre, fourni, instructif, complétée d'annexes travaillées, basée sur des textes et un travail d'archives considérable. Une bonne lecture que j'ai aimé découvrir et qui m'a intellectuellement stimulée. Très appréciable.

 
 Le livre en un gif 

http://s3.favim.com/orig/150322/gif-jack-sparrow-pirates-of-the-caribbean-Favim.com-2585122.gif 


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lundi 20 février 2017

278. CHRONIQUE : Le désert rouge.


Le désert Rouge.
J.E. Briffa, 2016
Steampunk
Langue française - 173 pages Ebook.
Lecture ebook.

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Après le sabotage d’une cuve d’eau, le Baron Ambrose Walter Cappel, dirigeant la ville de Stearbury, charge son fils adoptif, Jak, de trouver les responsables. Il apparaît rapidement que le Culte de l’eau et Charles Denning, rival éternel d’Ambrose et dirigeant de la cité de Hayllonbury, ne sont pas étrangers à tout ça.
Jak aura fort à faire lorsque les pirates de l’air attaqueront la ville à la recherche de la célèbre boussole de Gerason, celle-là même qui conduit à la mythique Vallée Verte. Sans le savoir, Jak marche sur les traces de son passé...
Aventures enlevées où le récit de piraterie côtoit les jets vaporeux du steampunk.

Avis

Je tiens tout d’abord à remercier les Editions L’Ivre Book de m’avoir fait découvrir ce livre qui me tentait énormément : la couverture de ce livre est superbe, le synopsis, intriguant. Je tiens à rappeler que mon avis est personnel, il se peut que vous adoriez un livre que je n’ai pas apprécié. De même, je juge ici ce que j’attends d’un livre, de manière totalement subjective et en aucun cas le talent de l’auteur. Je trouve qu’il faut énormément de courage pour se lancer et loin de moi l’idée de vouloir être beaucoup trop cinglante. J’ai mis du temps à écrire cette chronique justement pour ces raisons, je ne voulais pas être trop sèche malgré la déception qu’a été pour moi la lecture du Désert Rouge.

Dès le début du roman, il y a un certain nombre de descriptions, qui cassent une volonté d’action in medias res. Les éléments rapportés pour planter le décor arrivent généralement comme un cheveu sur la soupe et il y a cette chose, désagréable pour le lecteur : une envie palpable de trop en dire, de tout apporter directement, du papier au cerveau, sans qu’il y ait un travail de réflexion ou d’imagination de sa part. C’est quelque chose que l’on rencontre dans de nombreux genres et qui m’agace assez souvent, ce sentiment que l’auteur a parfois l’impression que s’il ne nous mâche pas le travail, nous ne nous en sortirons pas. Et malgré que le roman soit assez court, ce genre de procédé le rallonge.

Malheureusement, j’ai su assez vite que ce roman ne passerait pas, j’ai même hésité à l’abandonner. Mais je m’étais engagée, le contexte était intéressant et l’histoire, dans son intégralité, partait d’une très bonne idée, très créative. Pourquoi alors est-ce que ça n’est pas passé ? La réponse tient en trois lettres : J.A.K. Le personnage principal, je l’ai trouvé insupportable. Dès le début on se rend compte qu'il sera un Gary Stu (alors oui, j’ai fait des recherches et apparemment c’est le masculin d’une Mary Sue) : il est parfait, dans le mauvais sens du terme. Jak sait combattre, il sait danser, il sait tout faire, mieux que tout le monde. Ça le rend horriblement lisse, plat, on ne peut pas s’identifier, on ne peut pas être empathique, on se sent juste agressée par cette créature presque omnipotente. Alors oui, pour compenser, l’auteur lui a mis un masque cachant quelque chose qui ne se dévoile qu’à la fin. Là encore, je ne suis pas sûre que, même si vivre caché doit être très difficile, que ce soit un handicap, car il ne faut pas oublier qu’il est soldat. A mes yeux, un soldat qui est peut-être balafré, peut-être marqué, qui porte un masque, est plus effrayant, charismatique, imposant. Donc encore une fois, trop parfait. Je me doute que l’auteur a de l’attachement pour ce personnage, il a voulu faire un twist final intéressant avec lui. Une bonne idée, une grande faiblesse, loin d'être assez développée.

Cet avis est très personnel, je sais que certaines personnes adorent lire des livres où les héros n’ont aucune faiblesse mais je pense véritablement que pour toucher le lecteur, dans son plus grand ensemble, le personnage emblématique doit avoir sa kryptonite.

Il y a eu quelques personnages que j’ai bien appréciés : Willy, personnage que le livre aurait dû mettre en avant à mes yeux, tout comme, à moindre mesure, Madame de Grisord. Margaret n’est pas assez travaillée, bien que j’ai beaucoup aimé que son rôle prenne une dimension spéciale à la fin. Ces trois personnages étaient à sauver et auraient pu remonter l’histoire s’ils n’avaient pas été écrasés par la présence de Jak. Pour le reste, il y a des problèmes de cohérence (un blessé qui court sans problème, une ambidextrie générale,…), l’histoire est mignonnette, j’ai bien aimé l’idée de quête qui mériterait un traitement plus conséquent. Le méchant est sympathiquement détestable, dans son cas, rien, à redire.

J’aurai également aimé avoir un peu plus de précisions sur le monde, son histoire, et non pas seulement des bribes. Je pense que ça aurait pu apporter une dimension supplémentaire et rendre la lecture bien plus agréable. L’auteur a de très bonnes idées qu’il ne développe pas assez. Pour conclure, je pense que c’est ma toute première déception aux éditions L’Ivre Book, je n’ai pas su être transportée et apprécier ma lecture. Peut-être que j'en attendais trop.

Le livre en un gif


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Lecture entrant dans les challenges :



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