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jeudi 6 juillet 2017

323. LCS : H2G2, du livre au film.

Bonjour à tous,

Ça faisait très très longtemps que Mister Sike n'était pas passé sur le blog, et le voilà avec un article sur H2G2, Le Guide du voyageur Galactique. Rappelez-vous, je vous parlais de mon ressenti sur le livre dans cet article. Laissons donc place à la plume full-spoiler de mon camarade bloggueur :

Les chroniques de Sike

Si vous me demandez quel est mon livre préféré je vous répondrais sans hésiter Cloud Atlas. Mais si j'avais le droit à un second choix alors je répondrais Le Guide du Voyageur Galactique par Douglas Adams.


Le Guide du Voyageur Galactique est une trilogie en 5 volumes (oui, réellement) commencée en 1979 pour les livres et en 1978 pour le feuilleton radio. Si vous n'avez pas lu les livres, arrêtez cette critique, allez vous acheter l'intégrale en anglais/allez sur audible pour prendre les livres audios narrés par Martin Freeman. Ensuite recherchez le feuilleton radio et écoutez-le et enfin après ça si vous avez le temps regardez la série. Et si vous ne parlez pas anglais, apprenez le car la traduction française n'est pas optimale et la comédie est un des genres où on perd le plus lors d'une traduction. Enfin si vous me dites « Pas besoin de lire les livres car j'ai vu le film.» je vais vous demander de mettre un stylo entre votre annulaire et majeur puis de, avec votre autre main, serrer aussi fort que possible les doigts. En vue de cette punition douloureuse vous pouvez deviner mon avis du film mais parlons en plus en détails.


Sorti en je-m'en-cogne et réalisé par rien-à-foutre, Le Guide du Voyageur Galactique est un film posthume et la seule chose portant le nom H2G2 que je hais. Parlons du film juste comme film : c'est une comédie rarement drôle et à peine passable. Maintenant parlons adaptation.

I) Le Changement d'humour, ou comment rendre insupportable ce qui était génial.

Un des premiers gros changements qui sautent aux yeux est le changement d'humour entre le livre (Et la série télévisée Et le feuilleton radio) et le film. Le livre a un humour absurde, surréel et des personnages intéressants qui apportent beaucoup à l'univers. Vous pouvez oublier ça pour le film. Une des premières grosses différences est le remplacement de l'humour absurde par de l'humour « Lol-Random » : dans le livre c'est expliqué pourquoi la serviette est l'outil le plus utile d'un voyageur, c'est principalement car quelqu'un qui vit à la dure en voyageant dans les confins de l'univers et a réussi à conserver une serviette est forcément digne d'estime. C'est l'une des forces de la série, tout élément absurde a son explication tout aussi absurde mais possédant sa propre logique. Dans le film la serviette est utile car Lol-Random, le jus de citron rend plus intelligent car Lol-Random et il y a une créature qui vous gifle quand vous avez une idée car Lol-Random. Ensuite le reste de l'humour du roman a été remplacé par, et il n'existe pas de réel traduction à ses mots, du Cringe Humor et du Slapstick. Le Cringe Humor est le type d'humeur quand les personnages sont dans une situation gênante et on est censé trouver leur malaise drôle. Pour moi le Cringe Humor est à la comédie ce que la syphilis est à une orgie. Le Slapstick est l'humour à la Looney Toons quand un personnage est blessé pour notre amusement. Ça peut être drôle...ça ne l'est pas dans le présent contexte. Le pire c'est que les blagues qui ont fait le passage de livre à film ne sont pas faites, elles sont juste cités. La révélation que Deep Thought va mettre 7 millions et demi d'années à calculer la réponse est une longue scène hilarante avec les scientifiques qui interrogent l'ordinateur suivie de l'interruption de deux philosophes menaçant de faire grève, ect. Dans le film c'est dit et on passe à autre chose.

II) Les Personnages, ou la preuve que personne ne fut épargné. 

Passons à autre chose, les personnages. Il existe trois types de personnages dans ce film : les complètement ratés, les partiellement réussis avec un gros mais et les personnages originaux. Dans les complètement ratés on trouve Arthur Dent et Ford Prefect. Dans le film Arthur est une victime sans cran qui passe son temps à pleurnicher et à être apeuré… dans les romans Arthur a défié Thor à un combat à mains nues et a décapité un robot tueur. Ce n'était pas un héros de film d'action mais c'était un fier anglais qui observait les étrangetés de l'univers avec un flegme légendaire et avait une sacrée paire de burnes. Ensuite Ford. Plusieurs mots me viendraient en tête pour décrire Ford : sarcastique (sans savoir ce qu'est le sarcasme j'ajouterai), manipulateur, hédoniste, égoïste et charmant. Aucun de ces mots ne fut retenu pour le film où Ford est un personnage complètement creux qui a l'air de s'emmerder tout le long du film. Parti le Ford qui arrive à convaincre le chargé de la destruction de la maison d'Arthur de se mettre en face du bulldozer à la place de Arthur avec sa propre logique absurde et bonjour au Ford qui confond les hommes et les femmes humaines (ALORS QU'ABSOLUMENT TOUS LES ALIENS, sauf les Vogons, RESSEMBLENT À DES HUMAINS DANS LE FILM !). Ensuite le partiellement réussi avec le plus gros MAIS est Zaphod Beeblebrox the Nothingth (20 points si vous avez la référence). Déjà dans les aspects réussis le côté excentrique et narcissique MAIS un homme dont la seule description du livre est «humanoïde, hormis le troisième bras et la tête supplémentaire » a deux bras et une tête. «Mais Mister Sike, Haut-Prêtre du culte de Nyarlathotep, Zaphod a une deuxième tête sous son menton et un troisième bras sous la chemise. » Deux choses : d'abord dans le livre il a une tête droite et une tête gauche qui se jettent des regards complices par moment. Ensuite on lui enlève sa seconde tête et troisième bras au bout de 50 minutes de film après lesquelles le personnage est méconnaissable puisque lobotomisé. Tricia Macmillan, ou Trillian, est réussi pour la plupart mais elle ne finit pas avec Arthur dans les romans : après avoir quitté Zaphod elle décide de ce concentrer sur sa carrière pour ne plus être définie par avec qui elle sort. Dans le film tout son développement de personnage est centré sur avec qui elle décide de sortir car c'est un personnage féminin dans un film : son rôle est donc forcément centré autour d'un personnage masculin. Ensuite les Vogons ont un design très réussi...mais c'est tout. Dans le livre ils sont extrêmement bureaucratiques et désagréables mais ils n'étaient pas stupides. Vous voulez une preuve ? Dans le dernier livre, ILS GAGNENT ! Ensuite pas un personnage à proprement parler mais The Heart of Gold a l'air cool...mais ils ont oublié toute la partie du livre qui explique que ce ne sont que des apparences : la système d'Improbabilité Infinie est révolutionnaire mais on arrive rarement où on a envie d'aller, l'ordinateur est enthousiaste au point de donner la nausée, le robot de bord est dépressif, les portes sont tellement contentes de s'ouvrir qu'elles doivent vous le dire et la cuisine a un appareil qui analyse vos papilles gustatives, scanne votre cerveau et sert toujours le même liquide dégueulasse. Et enfin Marvin est sûrement le personnage le plus réussi mais son design n'est pas optimal : il a été conçu pour être un robot rigolo avec qui on aime passer du temps, la dépression est un effet secondaire et indésirable de son intelligence. Ici il a l'air physiquement d'un robot déprimé : qui aurait envie de l'acheter ? Enfin les personnages originaux... ils n'ont aucun intérêt et font vraiment intrus dans l'univers.

III) L'Histoire, ou l'incompréhension de ce qui est composé avec 26 lettres.

Le film suit le roman à peu près jusqu'à leur visite de Humma Kavula (pas son nom ? M'en branle) qui est originale. Hanna Katana leur dit que même un générateur à Improbabilité Infinie a besoin de coordonnées et là je dis bullshit. Certes c'est extrêmement improbable de trouver sa destination sans coordonnée, sans aucune idée d'où la destination est...MAIS C'EST LE BUT DU GÉNÉRATEUR D'IMPROBABILITÉS ! Justement c'est extrêmement probable de trouver un endroit avec des coordonnées. Ensuite Zaphod perd sa seconde tête et ne fait rien du film. Puis Tricia se fait kidnapper par les Vogons car c'est un personnage féminin dans un film et ils vont la secourir. Il ne s'y passe rien d'intéressant donc passons. Après ça ils vont vers l'histoire du romain avant de complètement déraillé à la fin. Dans le film les Vogons arrivent sur Terre-2 pour arrêter Zaphod et après un affrontement ridicule où les Vogons ne sont que des Comics-Relief (plutôt qu'une réelle menace dans le livre), les Magratheans redonnent vie à tous les Terriens et tout est bien dans le meilleur des mondes. Dans le livre la Terre reste détruite, les gens sont vraiment morts et les Vogons vont très bien. Oh et pour m'énerver il décide d'aller au Restaurant à la fin de l'Univers et Marvin dit que c'est de l'autre côté...T.E.M.P.O.R.E.L.L.E. LA FIN TEMPORELLE DE L'UNIVERS. Sinon ce serait le restaurant à la frontière de l'univers ce qui N'EXISTE PAS. Car malgré l'humour, Douglas Adams comprenait l'univers et sa taille et le nihilisme d'être un être insignifiant dans cet univers était un thème récurrent des romans. Ici le film se termine par une Happy Ending vomissante et une blague de merde. Ça va plus loin tous les changements du film empêche toutes suites : plutôt que 6 personnes, tout le monde sait que le Président n'a aucun pouvoir rendant impossible les événements du second roman, la Terre est revenu, Arthur décide de quitter la Terre et les Vogons vaincues donc le quatrième et cinquième livre sont impossible.

IV) Le Reste, ou pourquoi ma nouvelle chemise est une camisole

Enfin finissons sur certains points qui m'ont énervé : pourquoi tous les aliens ressemblent à des humains ? Ça coûtait trop cher de mettre un peu de maquillage et quelques prothèses ? Les seules aliens qu'on sait humanoïde c'est Ford et Slatibartfast. C'est l'un des problèmes de ce film, la fainéantise : pourquoi mettre deux têtes à Zaphod ? C'est moins compliqué de lui en mettre qu'une. Pourquoi donner une explication aux trucs absurdes de l'univers ? Pourquoi donner une personnalité au personnage ? Pourquoi développer les idées qu'avait Douglas Adams avant de mourir ?

En conclusion le Guide du Voyageur Galactique est une adaptation catastrophique du roman. Pire que ça c'est une adaptation sournoise, c'est comme un steak végétarien : ça ressemble à un steak, ça a la texture d'un steak mais dès qu'on le goûte on se rend compte que ça n'a rien à voir.

Si vous voulez mon avis en un gif :


Cet article a été écrit par Mister Sike. Mister Sike est un critique qui vise à être dur mais juste. Lorsqu'il ne s'énerve pas sur des adaptations médiocres sur ce site, il s'énerve sur des adaptations médiocres sur le sien. Il peut parfois faire des critiques positives et a écrit cette biographie.

mercredi 28 septembre 2016

259. CHRONIQUE : H2G2, le guide du voyageur galactique


H2G2, le guide du voyageur galactique
Douglas Adams,1978
Science-fiction humoristique
Langue française - 274 pages
Lecture ebook.

Comment garder tout son flegme quand on apprend dans la même journée : que sa maison va être abattue dans la minute pour laisser place à une déviation d'autoroute ; que la Terre va être détruite d'ici deux minutes, se trouvant, coïncidence malheureuse, sur le tracé d'une future voie express intergalactique ; que son meilleur ami, certes délicieusement décalé, est en fait un astrostoppeur natif de Bételgeuse, et s'apprête à vous entraîner aux confins de la galaxie ? Pas de panique ! Car Arthur Dent, un Anglais extraordinairement moyen, pourra compter sur le fabuleux Guide du voyageur galactique pour l'accompagner dans ses extraordinaires dérapages spatiaux moyennement contrôlés.

Avis

Dans le cadre du challenge « Quand la BBC parle de livres » tenu sur Livraddict et de sa lecture commune de l'été, j'ai lu le premier tome d'H2G2, le guide du voyageur Galactique de Douglas Adams. Si je souhaitais lire ce livre, c’est principalement car je ne me souvenais plus si je l’avais lu ou non. Chose étrange : d’un côté, je pense que c’était le cas pour de nombreux passages qui me semblaient familiers et de l’autre, certains évènements ne me revenaient pas du tout.

Jusque-là, je savais que l’histoire était drôle, je connaissais la réponse de la vie, mais je n’arrivais pas à me souvenir. Et l’image que j’avais de ce roman était un peu idéalisée. La plume de l’auteur est simple, même s'il est adepte des néologismes et phrases excessivement longues, parfois sans queue ni tête. L'homme pratique assidument l'humour britannique pince-sans-rire tel que les clichés le présente. L'absurde et l'improbable se battent à l'intérieur de ce court roman, qui se lit très vite. Parfois un peu redondant et longuet, le tout possède un charme qui lui est propre. Le lecteur se laisse vite prendre au jeu du guide, dévorant les explications les plus grotesques et alambiquées. Comme beaucoup, j’ai cru voir les Monthy Pythons à l’œuvre dans cet ouvrage, ça avait un côté rafraichissant puisqu’il est assez rare de trouver de la science-fiction franchement hilarante.

Je m’attendais à mieux, il faut dire qu’à l’origine, le guide s’entend plus qu’il ne se lit (production radio) et peut-être que la retranscription (et la traduction) ne s’est pas passée comme prévue. On le retrouve dans les personnages, que je trouve à la fois attachants et trop spectateurs de leur propre vie. On peut dire qu’Arthur Dent qui a tout perdu subit un traumatisme, certes. Que Ford soit ainsi parce qu’il rédige des articles du guide, pourquoi pas. Mais pourtant, je les ai trouvé… froids, moins vivants que ce que laissaient espérer les premières pages. Zaphod m’a fait rire parfois, m’a agacée également. Trillian n’a pas encore pu briller à sa juste valeur, j’espère que ça changera dans les prochains opus. Ne reste que Marvin qui m’a complétement déprimé, par association d’images.

Les thèmes sont intéressants, principalement le parallèle entre la maison d’Arthur et la Terre, les décisions unilatérales sans possibilité de liberté, la relation entre les créatures, de nombreux détails passionnants qui sont happé par la plume absurde de Douglas Adams. Les pages se tournent rapidement, en une soirée on peut avoir lu ce roman sans pour autant se coucher trop tard. Le seul gros problème est que l’on est parfois noyé sous un torrent d’explications : on en perd le fil.

Pour conclure... ce genre de livre, on y adhère ou non. Je ne le considère pas comme le livre absolu de la science-fiction, grand chef-d’œuvre de son état mais j’ai passé un bon moment.

 
 Le livre en un gif 
 


Vous l'avez lu ? N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !
Lecture entrant dans le challenge :
  



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