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mardi 13 février 2018

339. CHRONIQUE : Petits albums pour grands lecteurs #1.

Petits albums pour grands lecteurs


Bonjour, c'est avec une grande joie que je vous présente aujourd'hui un tout nouveau rendez-vous. Pour ceux qui me suivent sur Twitter ou Instagram, vous savez que je lis énormément d'albums et je me suis dit que ce serait une bonne idée de vous en parler plus en détails...

Ils peuvent être lus dans le cadre de mes études, de mon travail (autant comme futur prof des écoles que comme conteuse), de service presse ou tout simplement pour le plaisir. Je me suis dit que je vous en présenterai tous les mois (ou tous les deux mois, je ne sais pas encore) trois à cinq albums, de préférence un par cycle.

Rappel : le cycle 1 regroupe les différentes années de maternelle, le cycle 2 du CP au CE2 et le cycle 3 du CM1 à la 6ème. Je m'essaie à différentes choses, aux retours très courts, aux mots clefs, dites-moi ce que vous en pensez et si vous avez déjà lu un de ces albums.

Dès le cycle 1 


Plouf !, Philippe Corentin, à l’École des Loisirs (2003)

# humour, chassé croisé, gourmandise.
J'ai beaucoup aimé le format de ce petit livre qui se lit comme un carnet : c'est original et permet une lecture tout en verticalité afin de donner de la profondeur à l'histoire. Le terme n'est pas mal choisi puisque cette forme correspond au puits dans lequel se déroule l'histoire. M. le Loup croit voir un fromage se refléter à la surface de l'eau, il s'agissait en réalité du reflet de la lune : jeu de chassé croisé entre animaux qui parlent de gourmandise, fait réfléchir les enfants qui se prennent au jeu. Il y a peu de texte et une typographie accentuée sur les onomatopées qui permettront aux enfants qui commencent la lecture d'inventer autour de cette histoire.


Le compte à rebours du père Noël., Kim Thompson et Elodie Duhameau chez Crackboom (2017)

Merci à NetGalley et les Editions Crackboom pour cette mignonne petite lecture. 
# Calendrier, Noël, mignon.
Une petite page à lire, par jour, pour rapprocher de Noël : les aventures du Père Noël, de Mère Noël et de ses nombreux lutins et rennes dans leur préparation pour la grande nuit. Un peu simple pour les enfants plus grands, mais on peut considérer que jusqu'à cinq ans, les enfants fêtant Noël seront émerveillés et riront de ces préparatifs hauts-en-couleurs. Des illustrations colorées, parfois simples, d'autres fois foisonnantes, de l'humour, ça fonctionne assez bien. Une jolie façon d'attendre Noël en famille et de fêter chaque soir l'Avent.

Dès le cycle 2


Vezmo la Sorcière, Geoffroy de Pennart, à l’École des Loisirs (2005)

# humour, détournement, vocabulaire.
Cet album est d'une drôlerie… Il était une fois une horrible sorcière qui rencontre un jour un prince, et tout ne se passe pas vraiment comme prévu. Ce qui est agréable avec Pennart, c'est ce rejet de tout ce qui est conte idéal, ça fait du bien de lire des choses un peu ragoutante et très drôle, c'est cathartique, ça plaît aux enfants qui rient et en demande, et c'est tout ce que l'on souhaite, nous, adulte, que les enfants prennent du plaisir à lire un ouvrage. Surtout qu'il apprendra des mots pas si simple aux travers de cette sorcière au romantisme exacerbé.

Dès le cycle 3


Otto, autobiographie d'un ours, de Tomi Ungerer, à l'Ecole des Loisirs (1999)

# Seconde Guerre Mondiale, poignant, beau. 
Cet album est une œuvre phare de la littérature de jeunesse, a étudier lorsque l'on parle de la guerre, et plus précisément, la Seconde Guerre Mondiale. C'est l'histoire d'Otto, petit ours en peluche offert à un enfant qui s'appelle David. Un jour, ce dernier se retrouve obligé de porter une étoile jaune sur ses vêtements et, avant d'être emmené, confie son ami le plus précieux, Otto, à son autre meilleur ami, Oskar. Et cet ours va décrire toutes les horreurs de la guerre, ses périples et peut-être, finalement, dépeindre un univers qui n'est pas si noir. J'ai pleuré la première fois que j'ai lu cet album, il est superbe, plein d'affects très puissants et paradoxalement, de douceur également.

dimanche 21 janvier 2018

336. CHRONIQUE : The vanishing girl, tome 2.


The Vanishing Girl, tome 2 : The Decaying Empire, Laura Thalassa, Thriller fantastique, 2017. Langue française - 387 pages - lecture numérique

Entraînée au métier d'espionne par le gouvernement américain qui utilise sa faculté à se téléporter pour mener des missions à haut risque, Ember Pierce se réveille dans un hôpital de Los Angeles. Elle ne se souvient que de l'essentiel : elle a été piégée et sa dernière mission aurait dû lui coûter la vie.
Utilisant ses facultés de téléportation, elle réapparaît dans la chambre de Caden Hawthorne qui a passé ces dix derniers mois à la croire morte. La jeune femme fantomatique qu’il voit ne ressemble plus à celle de ses souvenirs : ses cheveux sont plus longs, sa peau est plus pâle et son regard est hanté. Lorsque Ember lui révèle qu’une personne de confiance l’a trahie, une seule échappatoire s’offre désormais à eux. Sans savoir qui est leur ami et qui est leur ennemi, Ember et Caden se lancent dans la mission la plus périlleuse de leur vie : rester ensemble et survivre.

Un grand merci aux éditions Amazon Crossing
et à
NetGalley pour ce service de presse.
Chronique du tome 1.

Ce tome étant une suite, des éléments de la fin du tome 1 peuvent se retrouver dans ces lignes donc attention aux spoilers.

En février, je vous disais en gros que malgré un avis assez moyen (ouvrage captivant par son côté page-turner mais plein de défauts), j'avais hâte de connaître la suite des aventures d'Ember parce que j'avais beaucoup aimé le cliffhanger proposé. Ici, on retrouve les personnages un an plus tard et tout a changé : Ember est vivante, Caden cherché à faire le deuil de sa belle de manière plutôt idiote pour quelqu'un de génétiquement modifié et par un coup de baguette magique gouvernementale, ils se retrouvent.

L'ouvrage est toujours aussi efficace dans sa forme, les pages se tournent relativement vite, un flot d'actions nous engouffrent dans une sorte de thriller fantastique bien sympathique mais loin de faire l'affaire. J'en ressors avec un avis assez sombre mais rattrapé : il n'y a pas vraiment de description et lorsque l'on ne connaît pas un État, c'est parfois compliqué de se projeter dans leur univers. Et surtout, chose que je reprochais déjà au premier : pourquoi autant de scènes de sexe ? Bon, deux personnages fous amoureux se retrouvent pour la première fois depuis des siècles ok, ça se comprend mais faire ça alors que la moitié du pays veut nous tuer, ça devrait jeter un froid, non ? Bref, vous m'aurez comprise : trop, c'est trop. On pouvait les couper, les suggérer, avoir un vocabulaire beaucoup plus léger et fin. C'est dommage.

J'ai fait plein de pauses dans la lecture de ce roman pour cette raison, et parce que, tout simplement, je trouvais l'ouvrage trop répétitif et malheureusement loin d'être assez profond. L'autrice use, et abuse, de situations trop simple pour faire avancer l'histoire. J'ai cependant bien aimé la relation qu'Ember entretient avec Adrian, même si, une nouvelle fois, le fait d'apparaître nue devant lui était peut-être considéré comme un running gag et un peu limite au niveau de son intérêt. J'ai, à nouveau, craint le triangle amoureux mais il n'apparaît qu'en filigrane, ressenti par notre héroïne.

Malgré tout, comme je le disais plus haut, on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer, surtout une fois que l'on arrive à se remettre dedans (de mon côté, vers la moitié de l'ouvrage), on peut être sûr de terminer l'ouvrage avant d'aller se coucher. J'hésitais à lire le tome 3, mais il faut bien avouer que, de nouveau, que la fin me tente grandement. J'avais beau y avoir réfléchi un peu, j'avais finalement mis de côté cette révélation de fin de tome 2 et ça a donc été une surprise très agréable qui promet de mettre enfin le piment qui manque encore dans cette histoire.

Pour conclure, un roman facile à lire, énormément dans l'action mais comportant trop de scènes sexuelles pour apprécier véritablement ma lecture. Et malgré tout, un cliffhanger très prometteur qui me fera très probablement lire le tome suivant.


N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce roman, 
si vous avez lu ou s'il vous intrigue !

lundi 11 décembre 2017

335. CHRONIQUE : Le Complot du Trident.


Le Complot du Trident, Tristan Koëgel, Jeunesse historique, 2017. Langue française - 181 pages - lecture numérique

Sous le règne de l'empereur Titus, le port d'Ostie est bloqué par un bateau dont l'équipage a été décimé par la peste, les cadavres portant un pendentif en forme de trident. Publius et son neveu Lucius tentent de déjouer le complot qui semble menace...

Un grand merci aux éditions Didier
et à
NetGalley pour ce service de presse.

Parfois, vous n'arrivez pas à exprimer votre ressenti sur un roman. Vous essayez, vous essayez, vous n'êtes jamais satisfaits, vous y revenez sans arrêt et vous mettez deux mois à écrire une chronique. C'est ce qui m'est arrivé avec Le Complot du Trident de Tristan Koëgel, ouvrage de littérature jeunesse français. Et pourtant, j'en ai beaucoup apprécié la lecture. Il me faisait de l’œil depuis un moment, tant dans le domaine professionnel (transdisciplinarité histoire, littérature, français et pas que…) que dans le domaine personnel (Rome Antique et aventures, j'adore !). Et je ne sais toujours pas pourquoi.

C'est donc parti pour la cinquième version de cette chronique. La plume de l'auteur tout d'abord, est agréable, fluide mais restera une écriture résistante pour beaucoup d'enfants (et c'est tant mieux, ils n'en seront que plus fiers en fin de compte !). Adepte des prolepses (ou flashforwards, bons en avant dans le temps de narration), il commence presque par la fin et déjà une multitude de questions et d'hypothèses se font pour tenter de reconstruire ce début. Pourquoi ? Comment ? Bien entendu, nous n'avons aucune réponse et cela participe à la construction de l'enquête du lecteur. L'écriture et son accessibilité est un gros plus, les pages se tournent rapidement.

L'auteur est drôle : il mélange enquête, faits historiques et connaissances antiques. C'est quand même l'un des rares romans policier que j'ai lu depuis deux ou trois ans et qui a réussi à presque me surprendre, car il a utilisé mes connaissances contre moi. J'adore, ça fait beaucoup de bien. Il surprendra également les novices.

Mais de quoi ça parle ? La toile de fond est la décadence de Rome, la fin de l'Empire, la cohabitation des différents peuples conquis. Titus a du se séparer de la Reine Bérénice et est devenu empereur après la mort de son père, Vespasien. Il se retrouve confronté à de grandes menaces et craint pour Rome. Il convoque donc l'un de ses plus fameux enquêteurs : Publius, qui doit quitter sa paisible retraite à la campagne pour retrouver la Roma Amentia, afin de découvrir de quoi il retourne, accompagné de son neveu, Lucius, 15 ans, ravi de retrouver la folie de la Ville avant de très vite déchanter : morts, peste, assassinats, tridents et complots s'entassent sur le chemin des deux hommes.

Les personnages principaux, vous l'aurez deviné, sont Publius, homme mature, expérimenté, un peu cynique et qui ne supporte plus la vie de Rome et son neveu, homme enflammé et impulsif, prêt à de grands élans romanesques. Le seul point noir de ce roman reste la quasi absence de traitement de la figure féminine, les femmes n'étant à travers les pages de cet ouvrage uniquement stéréotypes ou prétextes, même si c'est bel et bien une femme qui a le dernier mot. J'aurai aimé un développement plus conséquent et valorisant mais que voulez-vous, l'égalité des genres n'était pas à son apogée en Rome Antique…

Pour conclure, cette minuscule chronique, j'ai beaucoup aimé cet ouvrage et je le conseille à tous. A lire dès 9-10 ans, on n'a pas le temps de s'ennuyer à travers les pages de ce roman qui se tournent à une allure folle grâce à son ton et ses courts chapitres


N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce roman, 
si vous avez lu ou s'il vous intrigue !

vendredi 6 octobre 2017

333. CHRONIQUE : Les Orphelins du Bout du Monde.


Les Orphelins du Bout du Monde.
Harmony Verna, Contemporain, 2017. Langue française - 566 pages - lecture numérique
Vous procurer Les Orphelins du bout du monde

Au début du XXe siècle, une somptueuse histoire d'amour à l'atmosphère ensorcelante, avec pour toile de fond les vastes plaines de l'Ouest australien, terres ancestrales du peuple aborigène.
Abandonnée par sa famille dans le désert australien, Leonora est une miraculée. Confiée à un orphelinat, la fillette tisse une amitié aussi forte qu'éphémère avec un petit irlandais rebelle, James O'Reilly. Mais leurs chemins se séparent lorsque Leonora est adoptée par les Fairfield, un couple d'industriels américains.

Un grand merci aux éditions du Cercle Belfond
et à NetGalley pour ce service de presse.

J'arrive, comme souvent, après la guerre. Toute la blogosphère a déjà vanté les mérites de cette œuvre, mais vous savez quoi ? Je vais en rajouter une couche ! Le synopsis m'a harponnée, et même si je n'avais jamais lu aucun roman du Cercle Belfond jusque-là, je pense qu'il ne sera pas le dernier. Je l'ai terminé début septembre et je l'ai déjà offert pour un anniversaire, et conseillé à tout le monde. C'est l'heure de mon avis lecture sur Les Orphelins du bout du monde !

Je dois vous avouer que j'ai tellement aimé découvrir ce roman, ce quasi coup de cœur, que j'ai peur de trop vous en dire. Il faut dire que, dès le début de l'ouvrage, on sait que ce roman va être une merveille : la langue est belle, le texte prenant et déjà une myriade d’émotions commence à venir nous ébranler. Nous sommes placés directement dans l'action, jetés dans le Bush australien, dans la fournaise et la pauvreté. Abandonner son enfant pour, peut-être, continuer soi-même à vivre. On rencontre Ghan, le personnage le plus attachant du roman à mes yeux, celui qui reste, comme un point fixe, au fil des pages, a essayer de réparer le monde sans en avoir les moyens. Et pourtant, il sauve une petite survivante, brûlée, déshydratée, mais toujours vivante, Léonora. Traumatisée par l'abandon, elle s'enferme dans un mutisme et continue de voir son monde s’effriter, bringuebalée ça et là.

Les personnages sont tous très bien construits. Leur personnalité, leurs qualités, leurs défauts, leur passé, tout a une importance. On s'attache, on déteste, on a pitié, aucun rôle n'est laissé au hasard et aucun ne nous laisse indifférent. Nous sommes face à une fresque historique et familiale, nous voyons différents aspects de cette famille : être toujours bien, sous toutes coutures, être père d'une multitude d'orphelins et tout leur donner, être pauvre mais avoir le cœur sur la main, vivre uniquement pour l'être aimé et haïr ce qui peut lui survivre, l'abandon, le recueil, l'amour. Ce roman ne suit pas de plan tout fait, les acteurs de l'histoire et leurs interactions sont entiers et se matérialisent presque devant nos yeux.

On pourrait croire que le texte est larmoyant, mais non, il se rapproche plus des tragédies historiques : la place de la femme dans la société au XIXème siècle, les droits que les hommes pouvaient s'octroyer, la place de l’Église, les mines, la guerre, la maladie, la mort et surtout le Bush, qui aujourd’hui encore est réputé pour être un terrible brasier. Chaque événement, aussi prenant soit-il, prend sa place dans le récit et amène à découvrir des choses, à craindre pour la vie de certains, et à pleurer pour d'autres. Alors peut-être que les gens qui adorent l'action ne seront pas transportés, mais pour moi, c'est une grande réussite. Ni trop ni pas assez, ce roman est juste. La désillusion a une place centrale dans le texte, presque tous les personnages ont connu quelque chose de vraiment très difficile, les choix qui ont pu en découler nous éclaire sur les personnalités. Je me répète mais ce livre est vraiment superbe.

Gros plus : la question des aborigènes. Ce n'est pas un peuple qui a une grande place dans la littérature, ou alors sous forme de mythe, une idée du « bon sauvage ». Merci d'en avoir fait des êtres humains, avec des sentiments. Merci d'avoir montré la cruauté de l’Église et de l’État envers eux, alors que c'est leur terre et qu'ils ont été colonisés. J'aurai aimé en voir beaucoup beaucoup plus, mais j'ai espoir.

L'écriture est belle, prenante, Harmony Verna maîtrise très bien sa plume. Cependant deux parties se distinguent très bien, le début accroche, certes, mais est un peu lent (même si mes premières larmes sont arrivée dès la première cinquantaine de pages). Il y a énormément de descriptions et surtout passé la séparation entre James (quel petit chouchou, vous verrez) et Léonora, il y a énormément de face à face entre leurs deux vies. C'est un peu long mais on peut voir l'évolution de leurs vies, en parallèle et même si ça annonce la seconde partie, c'est très agréable ! Et vous vous doutez que cette seconde partie dont je parle ce concentrera sur nos deux personnages principaux et sur une possible réunion.

En bref, c'est un roman que je vous conseille vraiment. Alors certes, il y a un côté pavé non négligeable, mais arrivé à un peu moins de la moitié, les pages défilent à une vitesse folle, on est accroché, et on ne peut plus le reposer. Lisez-le, aimez-le et venez m'en parler, si ce n'est pas déjà fait !

Bonus : je vais même pouvoir en parler dans mon mémoire, je suis joie.



Vous en avez entendu parlé ? Vous l'avez lu ? 
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

lundi 21 août 2017

330. CHRONIQUE : La Saison des Roses.


La saison des roses
Victoria Connelly, 2017
Contemporain
Langue française - 350 pages
Lecture numérique.
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À tout juste trente ans, Céleste Hamilton voit son destin tout tracé changer radicalement quand son mariage malheureux prend fin au moment même où meurt sa mère, avec laquelle elle entretenait de très mauvaises relations. Cette dernière laisse en héritage à ses filles la roseraie familiale au bord de la faillite. À contrecœur, Céleste retourne vivre dans le manoir de son enfance pour aider ses deux sœurs à restaurer la propriété et remettre sur pied l’entreprise familiale.

Rejetée dans son enfance par sa mère narcissique, Céleste est rongée par le manque de confiance en elle. Mais pour éviter de perdre le manoir familial, elle devra trouver le courage d’affronter l’avenir et de prendre des décisions difficiles. La Saison des roses est un roman inspirant et sensible sur le courage, la persévérance et le pouvoir rédempteur de la famille.

Avis

J’avais envie de lectures joyeuses, de romances, de romans historiques…, de casser la morosité et la douleur qui s’échappe de mon corpus de mémoire. Je suis tombée sur ce roman en me baladant sur NetGalley, m’arrêtant d’abord sur la couverture, avant d’être séduite par le résumé. Je me suis donc lancée dans la lecture de ce roman sans chercher bien plus loin et une chose étonnante s’est produite. Il y a, dans la plume de l’auteur, un petit je ne sais quoi qui nous ramène loin derrière, dans des temps victoriens : même en sachant que l'ouvrage était contemporain, rien à faire, mon cerveau continuait de le classer en historique, tant et si bien que je sortais totalement de ma lecture à chaque évocation d’un élément de la technologie (liseuse, ordinateur ou téléphone portable). Malheureusement, ces moments ont été de véritables freins à l’appréciation du roman.

Malgré le synopsis, l’histoire ne se fait pas uniquement autour du personnage de Céleste. Elle prend une grande place, certes, mais ses sœurs, Evie et Gertie, ne sont pas en reste. Notre héroïne s'est mariée très jeune pour fuir le manoir familial et surtout cette mère qui l'a tellement fait souffrir. Trois ans plus tard, elle revient, sa mère est décédée, son mariage est un échec. Le manoir tombe en ruine, les factures s’accumulent, ses sœurs sont acculées et lui demandent de l'aide.

Rancunes, tristesse, et non-dits parsèment le roman : l'auteur arrive à traiter différents sujets en parallèle et le tout s'emboîte parfaitement : divers types de relations, néfastes comme positives, des trahisons, de belles rencontres. Parfois, c’est un peu trop simple, on voit tout arriver un siècle auparavant, mais une personne ayant pu se retrouver dans l’une des situations présentée sera automatiquement touchée.

Tous les personnages ont leur personnalité bien ancrée, leurs réactions, même extrêmes sont cohérentes, de la réserve de Céleste à l’explosivité d’Evie, à l’inverse des hommes qui ne sont que des gentils ou des salauds. J’aurai aimé qu’ils soient autant fouillé que les sœurs et la mère. Notre trio est face à des problèmes conséquents, aucune communication, maison qui s’écroule, affaire qui rame,… mais dans ce grand manoir, il y a également quelques tableaux. Ils sont au centre de l’intrigue principale du roman, et on se doute à l’avance que ce n’est pas des faux ou l’œuvre d’un petit peintre inconnu… C'est vraiment le problème de ce roman a mes yeux : tout est téléphoné, j'ai eu l'impression de voir un téléfilm de l'après-midi et j'ai tout vu venir.

Malgré tout, cette lecture reste très fluide, agréable, et la plume de Victoria Connelly est très divertissante. J'ai été touchée par ce pan de vies entrecroisée, c'était mignon et frais. Amateurs de roses, allez-y, vous en apprendrez sur toutes les sortes et les mélanges que vous pouvez faire dans votre jardin.

En conclusion, une lecture rapide et sans prise de tête, sûrement trop facile à déchiffrer mais qui peut aider à la détente. Les personnage féminins sont bien construits et une ambiance victorienne ressort de ce roman contemporain..

Le livre en un gif



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samedi 22 juillet 2017

327. CHRONIQUE : Le Souffle des Feuilles et des Promesses.


Le Souffle des Feuilles et des Promesses
Sarah McCoy, 2017
Historique
Langue française - 334 pages
Lecture numérique.
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Hallie Erminie, issue d'une famille de planteurs du Kentucky, est une jeune femme de caractère qui adore écrire. À New York, où elle s'est mis en tête de trouver un éditeur qui publierait son premier roman, elle fait la connaissance de Post Wheeler, un journaliste célibataire et fier de l'être. Tous deux discutent à bâtons rompus de la vie culturelle new-yorkaise, bouillonnante en cette fin de XIXe siècle, et s'attachent l'un à l'autre sans oser se l'avouer. Malheureusement, quand Post part pour l'Alaska du jour au lendemain, la possibilité d'une histoire d'amour s'évanouit.
Commence alors un chassé-croisé qui durera une dizaine d'années, des États-Unis à l'Italie en passant par l'Angleterre ou la France. Tandis que Hallie Erminie rencontre le succès grâce à ses livres, Post Wheeler se destine finalement à une carrière politique. À chacune de leurs rencontres, les sentiments des deux jeunes gens grandissent mais le destin semble peu enclin à les réunir. Oseront-ils s'avouer leur amour ?

Avis

Le mois de juin a été synonyme de lectures lectures lectures. Durant tout un mois, j'ai totalement décompressé du mémoire, avant d'attaquer sa rédaction et j'ai pu lire quelques services de presses (oui, youpee !), dont un livre qui me tentait beaucoup : Le Souffle des Feuilles et des Promesses de Sarah McCoy. Je remercie donc NetGalley et les éditions Michel Lafon.

J'ai dévoré ce roman, lu en deux fois. Et c'est une très belle lecture. Je ne connaissais pas l'auteur et j'ai été totalement séduite par sa plume, à la fois belle et simple, et par son alternance de points de vue. Je ne connaissais pas vraiment le personnage de Hallie Erminie Rives, mais j'ai désormais envie de découvrir sa plume : parce que oui, ce roman est une histoire vraie (un chouia romancée), de l'autrice et de Post Wheeler. J'ai pu découvrir le roman deux fois grâce à cela : une fois sous forme de fiction, puis avec les dernières pages du roman, sous le prisme biographique. Ce qui m'a également permis de faire des recherches sur l'après-roman.

Hallie Erminie Rives est une jeune femme remarquable, forte, affable et effrontée. C'est une femme qui écrit, et qui parle de sujets parfois un peu osé. Tant est si bien que certaines églises l'ont censurée. Elle est prolixe, chaque époque correspond à l'écriture d'un de ses romans, ou à sa publication. En parallèle, nous découvrons le Grand Nord avec un Post qui devient trappeur, puis chercheur d'or. Il touche à tout, vit plusieurs vies. En parallèle, j'ai eu un gros coup de cœur pour Kikmuk, vous aussi vous allez pleurer, je le sais. Cora, Alice, les parents, les amis,… Tous les personnages sont riches, construits, leur vie est passionnante, mais également tragique parfois.

J'ai aimé le chassé croisé de ces deux âmes, que tout destine l'une à l'autre. Mon côté romantique a pris ça comme un roman britannique, à la Jane Austen ou à la Brontë, même si l'histoire se situe à cheval entre la fin du 19ème siècle et le 20ème. Je me suis totalement laissée emportée par cette poursuite, qui s’établit sur des décennies et je suis sûre que vous vous laisserez séduire également.

J'ai bien aimé les messages sur l'édition, le journalisme, la manipulation pour vendre ou non un roman, la recherche du scandale qui donne envie de découvrir l'ouvrage… tout ce que nous vivons en permanence aujourd'hui est déjà mis en place au début du siècle précédent, et ce roman le met en avant par le jeu auquel se soumet Hallie Erminie.

C'est un roman voyageur, on visite le Sud des États-Unis, l'Alaska, l'Europe (Angleterre, Italie,…) mais également Tokyo. On vit sur des bateaux, dans des carrioles, dans des trains. On vit, on prend le temps de vivre, le temps d'écrire, le temps de recommencer une nouvelle fois sa vie. C'est le genre de livres qui donne envie de se lancer, qui donne envie de vivre pleinement sa vie.

Tous les traits de la relation sociale sont abordés, de l'amitié à la romance, du décès à la rancœur, la palette d'émotions dont Sarah McCoy nous fait part est considérable et le lecture n'en est que meilleure. Ce roman retrace des pans de vie, on prend le temps de vivre et de se construire, c'est lent mais on ne s'y arrête pas, les pages se tournent, on est vite happé, par la plume, par les personnages, par un arrière-fond ésotérique.

Pour conclure... Il manquait un petit quelque chose pour que j'ai un coup de cœur mais Le Souffle des Feuilles et des Promesses reste un magnifique roman que je vous conseille vivement. Attirance, destins croisés, personnages forts, voyages, tout y est pour passer un superbe moment de lecture.

Le livre en un gif



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samedi 1 juillet 2017

320. CHRONIQUE : The Paper Magician, tome 2. The Glass Magician.


The Paper Magician, tome 2 : The Glass Magician.
Charlie N. Holmberg (2017)
Fantasy
Langue française
Lecture numérique.

Chronique The Paper Magician (tome 1)
Acheter The Glass Magician (tome 2) 

Attention ! Spoilers sur la fin du tome 1 :
Trois mois après avoir rendu son cœur au magicien Emery Thanes, Ceony Twill est bien partie pour devenir Plieur. Malheureusement, toutes ses pensées ne sont pas uniquement tournées vers la magie du papier : bien qu’on lui ait prédit une histoire d’amour, Ceony n’a toujours pas réussi à dépasser la barrière étudiant-professeur qui la sépare d’Emery, en dépit de leur intimité grandissante.

Lorsqu’un magicien revanchard est persuadé que Ceony possède un secret, il fait le vœu de le découvrir… même si cela doit compromettre l’essence même de leur magie. Ceony comprend qu’elle devra trouver les vraies limites de ses pouvoirs quand ceux qu’elle aime le plus se retrouvent victimes d’une série d’attaques dirigées contre elle… tout en faisant en sorte que son savoir ne tombe pas entre de mauvaises mains.

Avis

Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Amazon Crossing pour l'envoi de ce SP numérique.

J'avais énormément apprécié le premier tome, mais j'avais parlé de quelques irrégularités dans le rythme, d'une utilisation presque inexistante d'Emery Thane et j'avais peur de retrouver une Ceony toute in love, ce qui ferait d'une héroïne casse-cou et (trop) intrépide une guimauve raplapla. Une nouvelle fois, ce court roman est une réussite (même si mon avis est plus en demi-teinte) : les pages se tournent à une allure folle et une fois que vous l'avez commencé, vous ne pouvez plus le lâcher.

On ne pouvait pas se tromper... Maintenant que Ceony a littéralement parcouru le cœur d'Emery, elle en est éprise. Je sais qu'apparemment le professeur fait partie des fantasmes romantiques de base, mais peut-être que j'aurai aimé un roman dénué de tous sentiments amoureux. Il faut dire qu'ici, je n'en vois pas l'intérêt. L'apprentie magicienne passe une grosse partie de ce court livre à être aux petits soins et à se poser mille et une questions sur son cher et tendre, devenant une véritable mère poule, cliché de la ménagère des années 50', alors qu'elle est censé être forte et téméraire.

Ne vous inquiétez pas, elle reste téméraire, plus même : inconsciente. Si vous pensiez qu'elle ne pourrait pas aller plus loin que dans le premier tome, attendez de lire celui-ci. Lorsqu'une série d'attentats semblent impliquer Ceony, elle fonce dans le tas, tête la première, sans penser aux conséquences.

Ce tome est résolument plus sombre : attentat, explosions, torture, combat. J'ai été déçue que le gros psychopathe de la bande « portait des vêtements ordinaires, mais il se distinguait par sa peau mate et sa haute taille », dans un roman d'ambiance victorienne, et légèrement steampunk, j'ai trouvé que ça ancrait le roman dans cette problématique que l'on retrouve de plus en plus et qui nous fait tant régresser :la peur de l'autre par discrimination physique et l'association terrorisme et personne de couleur. Ça m'a vraiment dérangée, Ceony ajoute qu'elle «  n'avait aucune raison de soupçonner un étranger. beaucoup d'immigrés vivaient en Angleterre » mais c'est bien le cas. Pour calmer mes élans ronchons, je me suis dit qu'elle avait peut-être senti son aura de méchant et ne s'était pas intéressée à son ethnie, appelons-ça le bénéfice du doute. Quoiqu'il en soit, j'aime les capacités et la réflexion de cet homme.

Par Mg. Aviosky et surtout Delilah, une amie de Ceony, nous en apprenons plus sur la magie du verre, et c'est véritablement passionnant d'imaginer tout ce qui pourrait ressorti d'un tel produit. J'aime toujours autant le fait que la magie ne soit pas omnipotente mais le fruit d'un grand travail et d'un liaison, entre un être humain et une production humaine : métal, papier, verre, caoutchouc, tout à un intérêt et j'aime voir les différentes possibilités de chaque magie. J'apprécie également le côté stage et institutionnalisation du milieu magique, qui fait penser à l'institution scolaire (avec un peu plus de fun quand même…)

La question du rythme disparate se retrouve de nouveau dans ce tome, début lent, beaucoup d'actions trop rapides par la suite. Mais cet enchaînement est peut-être également ce qui fait qu'on ne lâche pas le roman. Emery Thane est un peu plus mis en avant que dans le premier tome, mais toujours pas assez à mon goût, tout comme Mg. Aviosky. Certains personnages apparaissent pour disparaître tout aussi instantanément alors qu'ils me semblaient intéressants : peut-être reviendront-ils dans l'ouvrage suivant ? Grath restera le personnage que j'ai le moins apprécié, à la fois terrible, admirable par sa détermination, mais également affaibli par les sentiments, il reste un méchant sympa mais sans plus.

Que va-t-il se passer dans le troisième tome ? Comment Ceony va pouvoir accepter les conséquences de ses actes irréfléchis ? Quelles vont être les répercussions cette découverte majeure de fin de tome ?

En conclusion, La plume de Charlie N. Holmberg est toujours aussi fluide, se lit toujours aussi bien et vite. L'abus de sentiments sont parfois trop lisses ou trop attendus et j'aurai aimé plus de mystère mais l'action est là, les rebondissements, ainsi qu'un univers plus sombre et percutant. J'ai hâte de découvrir le dernier tome The Master Magician et d'avoir la réponse aux potentielles questions que l'on peut se poser.

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jeudi 6 avril 2017

301. CHRONIQUE : La Cité des Méduses.


La Cité des Méduses (Kudottujen kujien kaupunki)
Emmi Itaranta (2017)
Science-Fiction
Langue française
Lecture numérique.
« Je rêve encore de l’île. Parfois je m’en approche par les eaux, mais le plus souvent par la voie des airs, comme un oiseau, le grand vent sous mes ailes. »

C’est sur cette île, dans la cité des Méduses, qu’Eliana, citoyenne modèle, a grandi. Tisseuse au palais des Toiles, elle s’acquitte chaque jour avec application de sa tâche, dissimulant au monde un lourd secret. Sa solitude prend fin lorsqu’une intruse est découverte dans le palais, la langue coupée. D’où vient-elle? Que fait-elle ici? Le seul indice tient en un prénom tatoué sur sa main: « Eliana ». Les deux jeunes femmes se retrouvent bientôt au cœur d’une machination orchestrée par le Conseil.
Et si, pour survivre et sauver l’île des eaux qui commencent à envahir les rues, Eliana n’avait d’autre solution que de faire appel à ce don qu’elle avait jusqu’alors considéré comme une malédiction: rêver.

Avis

Un grand merci aux Presses de la Cité et à Netgalley pour m’avoir fait découvrir ce très beau roman. Tout d’abord attirée par un très bel objet livre, le synopsis a fini de me séduire. Pouvons-nous imaginer que nos rêves soient associés à une peste ? Un monde où les rêveurs seraient impurs ? Nous nous retrouvons plongé dans une dystopie, une douce science-fiction, loin des grandes virées dans l’espace ou de combats de sabres laser, et qui pourraient séduire les plus hermétiques au genre.

La plume d’Emmi Itaranta est douce et poétique. Elle effleure, caresse le lecteur mais lui reste parfois imperméable, car bien trop mystérieuse. L’auteur instille en pointillé ses idées, dans un cadre insulaire onirique, presque ancré dans notre réalité, et dans une temporalité inconnue. La description de l’île est lacunaire, nous n’en découvrons que quelques points, cruciaux dans l’avancée de l’histoire, telle une série de clichés pris aléatoirement. J’aurai aimé en savoir beaucoup plus, sur la ville, l’histoire de l’île, le conseil. De même, les personnages auraient pu être bien plus développés, mais ce bémol n’en est pas vraiment un, puisque le livre suit les pas d’Eliana.

Des extraits de rêveries en italiques parsèment le roman, de très beaux passages, poétiques, forts et parfois malmenés par un brusque retour à la réalité. Tant et si bien que je me suis demandé s’il ne manquait pas une page, parfois. Le texte est lent, on peut d’ailleurs parfois regretter un manque d’action, mais de mon point de vue, ce n’est pas un défaut. Les relations, les craintes ont le temps de se nouer, l’histoire est traversée de rebondissements qui s’installent, correctement.

J’ai aimé qu’Eliana subisse son environnement et traverse des choses horribles, ça l’a rendue beaucoup plus humaine et fragile, même si parfois, elle ne m’a pas semblée être en adéquation avec les événements, peut-être parce qu’elle a toujours appris à se dissimuler au milieu des autres tisseuses et à ne jamais laisser une autre personne que son frère la connaître vraiment. J’aurai vraiment aimé que la personnalité de ce dernier soit plus développée et qu’il se fasse beaucoup plus présent dans le roman. Valéria m’a également beaucoup plu, nous la rencontrons lorsqu’elle arrive au palais des tisseuses, elle a le prénom d’Eliana tatoué sur la main, et une langue en moins. Elle m’a beaucoup touchée, son mutisme fait tout son charme et sa force.

J’ai aimé la romance, saupoudrée dans le texte, très belle. Ça fait du bien de ne pas lire un roman qui utilise la sexualité pour augmenter son nombre de pages mais de tomber sur quelque chose d’aussi poétique. De même, j’ai aimé que de terribles obstacles et tragédies bouleversent nos deux personnages principaux. Les personnages ne sont pas parfaits, des malheurs leurs tombent dessus, elles auraient toutes deux préféré une vie simple et tranquille. Et c’est toute la force de ce roman. L’histoire est palpable, on peut facilement s’identifier à la peur, la privation, et autres sentiments puissants rencontrées au fil des pages.

En conclusion, j’ai passé un moment très agréable avec cette lecture, malgré des passages assez obscurs et une fin trop rapide. Je n’ai malheureusement pas eu ce petit quelque chose qui m’aurait fait avoir un coup de cœur. Ma curiosité n’a pas été assez satisfaite pour passer ce cap. Eliana et Valéria ont été deux personnages qui m’ont beaucoup touchée, tout comme la plume de l’auteur, dont j’espère lire d’autres livres prochainement.

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jeudi 16 février 2017

277. CHRONIQUE : The vanishing girl, tome 1.


The vanishing girl, tome 1.
Laura Thalassa, 2017
Jeunesse Fantastique
Langue française - 341 pages Ebook.
Lecture ebook.

Chaque nuit, après s’être endormie, Ember Pierce disparaît. Elle peut alors se téléporter n’importe où: à l’étranger dans une ville inconnue ou dans la chambre d’un garçon qui la fait craquer. Après dix minutes, son temps écoulé, elle retourne dans son lit. C’est un secret qu’elle a réussi à conserver pendant ces cinq dernières années. Mais, maintenant, quelqu’un d’autre est au courant.
Une semaine après son dix-huitième anniversaire, un garçon superbe, Caden Hawthorne, la kidnappe et la livre au gouvernement avant de disparaître sous ses yeux. Ember comprend alors deux choses : elle n’est pas seule et les gens comme elle – les téléporteurs – sont utilisés comme une arme.
Expédiée dans un camp d’entraînement quasi militaire, Ember découvre qu’on lui a affecté Caden comme partenaire. Ils doivent désormais travailler main dans la main lors de missions de téléportation pour le gouvernement, toutes plus risquées les unes que les autres. Mais Ember compte retrouver sa liberté et elle se rapproche de Caden, qui semble détenir la clef qui la fera sortir de cette prison. Si elle parvient à rester en vie !

Avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Editions AmazonCrossing et Netgalley pour ce livre. Tout d’abord, l’objet-livre est magnifique, son synopsis m’avait intriguée mais j’étais très réticente : j’ai commencé la rédaction d’un livre sur ce thème il y a quelques temps et, même si je l’ai pour le moment mis de côté, je revoyais mon histoire sur cette quatrième de couverture. Mon chéri m’a conseillé de me lancer tout de même dans la lecture et je ne le regrette pas une seconde, car j’ai pu apprécier un traitement différent de celui mon histoire : là où je suis partie sur du fantastique historique, Laura Thalassa a préféré une sorte de roman d’espionnage. J’ai pu découvrir une seconde lecture d’AmazonCrossing très agréable que je ne regrette pas une seconde.

La plume du traducteur (parce que de ce que j’ai entendu, la vo est de qualité supérieure) est fluide, abordable, peut-être un peu trop simpliste par moment mais cela permet de ne pas se prendre la tête et d’aller au cœur de l’histoire. Les pages se tournent toutes seules, l’ancrage dans la réalité est intéressante : Ember a été génétiquement modifiée par un programme financé par les Etats-Unis et maintenant, le pays vient récupérer son dû. C’est comme ça, à peu près, que l’histoire commence. Dans un monde d’aujourd’hui, elle pense être la seule à pouvoir se téléporter, et va découvrir qu’elle n’en est rien. J’ai bien aimé le fait que, dès le début de l’histoire, cette jeune femme soit hargneuse, téméraire, prête à tout pour sa liberté. Elle est sportive, elle a déjà de nombreuses qualités, qui lui seront utiles pour la suite des aventures, mais pas que. Trop fougueuse, elle est loin de savoir analyser correctement les situations et certaines scènes le prouvent largement. Elle est capable de devenir un danger public.

Et heureusement ! Les personnages trop parfaits ont une fâcheuse tendance à m’énerver très franchement. Ici, il n’en est rien, car même si elle pourrait être parfaite et malgré le fait d’avoir, à la base une intelligence supérieure, parfois, elle est bien loin de savoir l’utiliser à bon escient. Elle ressasse et se questionne toutes les trois lignes, agit à l’instinct la plupart du temps (alors parfois ça passe, les autres fois…). Notre héroïne reste tout de même assez forte et appréciable, elle m’a touchée. A côté d’elle, il y a sa paire, son binôme : Caden. Caden est beau, grand, fort, intelligent, talentueux, sexy. Et pervers. Excusez-moi du peu mais après tout ce qu’il a fait à Ember, très clairement on peut parler de harcèlement sexuel. J’ai eu longtemps envie de le claquer, je l’ai trouvé insupportable. Mais ses histoires de téléportations dans sa jeunesse sont très intéressantes. On se doute qu’à un moment donné entre les deux, il va y avoir un petit quelque chose (d’ailleurs j’ai eu peur d’un pseudo triangle amoureux, j’ai eu un soupir de soulagement qui, je l’espère ne sera pas déçu dans la suite de leurs aventures.). Eh bien ce n’est pas un petit quelque chose, mais de longs quelques choses, de plusieurs pages entre chaque mission.

Je pense qu’à un moment il faut choisir : soit on fait de la romance pur et dur avec fricotage toutes les deux secondes (et le fait de classer ça en jeunesse/YA est un peu limite), soit on fait de l’espionnage. Alors je suis d’accord que James Bond couche à droite et à gauche, mais je trouve qu’il y a trop de scènes d’amour ici et que ça plombe l’avancée de l’histoire. Le tout aurait pu être réduit énormément et nous aurions pu avoir beaucoup plus d’informations sur l’histoire. Car oui, les réponses à nos questions, amis lecteurs, se font au compte-goutte, ce qui rend ces scènes frustrantes. Alors oui, elles sont chaudes, mais elle n’apporte pas énormément de choses à l’histoire finalement, même si elles fonctionnent. Pour les réponses à nos questions, attendons le tome 2.

Ce que j’ai le plus aimé dans la téléportation est ses limites : uniquement en phase d’endormissement, dix minutes, pas plus pas moins et surtout les limites physiques et la question de l’épissage, que je vous laisse découvrir ! Je trouve que c’est une excellente idée. La théorie du complot mérite d’être fouillée, tout comme le personnage d’Adrian qui m’a beaucoup intéressée et fait se soulever de nouvelles questions. Il y a également toute la dimension des missions que je ne veux pas trop vous dévoiler et qui m'a bien plu.

En conclusion, ce roman était captivant, malgré quelques défauts, la fin du roman nous offre une promesse de grand revirement que j’ai hâte de découvrir. Je vous assure que ce texte est efficace, et véritable page-turner. En vente le 21 mars !

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samedi 7 janvier 2017

270. CHRONIQUE : The Paper Magician (tome 1)


The paper magician, tome 1
Charlie N. Holmberg, 2016
Fantasy
Langue française - 221 pages
Lecture ebook.
C'est le cœur brisé que Ceony Twill, 19 ans, débarque chez le magicien Emery Thane. Sortie major de sa promotion à l'école Tagis Praff, elle se voit contrainte d'embrasser la magie du papier, elle qui rêvait de travailler le métal. Or une fois qu’elle sera liée au papier, matériau qu’elle dédaigne, elle sait que c'est pour le restant de sa vie.

Dès le début de son apprentissage chez l'excentrique mais si charmant Emery, Ceony découvre un monde merveilleux qu'elle ne soupçonnait pas : animer des créatures de papier, donner vie à des récits grâce aux images qui les illustrent, prédire l'avenir… Mais son bonheur se ternit quand elle se trouve confrontée aux dangers de la magie interdite.

Une Exciseuse - pratiquant la magie noire liée à l'élément de chair - attaque le magicien et lui arrache le cœur avant de s'enfuir avec son précieux butin. Pour le sauver, Ceony devra affronter l'horrible sorcière assoiffée de sang et se lancer dans un périlleux périple qui la mènera dans les méandres du cœur de son mentor dont elle va découvrir les lourds secrets.

Avis

Je tiens à remercier Netgalley et les éditions Amazon Crossing de m’avoir fait découvrir ce livre de fantasy qui m’a tout particulièrement plu et que j’ai lu dans la soirée. Le début bien qu’un peu long est vite estompé par une envie de savoir ce qu’il se passe après. Ce roman est très court et je n’aurai pas dit non à un rab de pages. J’attends avec impatience les tomes 2 et 3 : The Glass Magician et The Master Magician.

L’univers de Charlie N. Holmberg est très intéressant. Les magiciens ne sont pas dotés de capacités infinies comme dans beaucoup de romans, ici, ils choisissent la manipulation d’un élément, créé par la main de l’homme (forge, papier, caoutchouc même). Enfin, c’est ce que l’on pense, car parfois, ces magiciens ne choisissent pas. C’est le cas de Ceony, brillante étudiante qui se retrouve à devoir combler la pénurie de magicien de papier. Autant dire qu’elle rêvait à mieux, à plus impressionnant et boum, voilà que l’on choisi à sa place.

Ce qui est vraiment une excellente idée (en plus de cette dernière), c’est les exciseurs. Alors oui, on a tous en tête une image horrible de ce qui se passe dans encore trop d’endroits dans le monde aujourd’hui, véritable torture pour beaucoup de femmes, mais ici, c’est différent, un groupe de sorciers ont associé la chair à la création de l’homme, et après tout, n’est-ce pas le cas, ne faut-il pas des humains pour en créer un autre ? Sauf que vous vous doutez bien que cette magie est interdite et que ce sont eux les véritables gros pas beaux de l’histoire.

Ceony est un personnage intéressant, assez bien construit et j’ai été déçue par la naissance de sentiments pour un autre personnage, dommageable car trop gros et un peu bateau. Par contre, j’aime son assiduité, sa témérité et son caractère en général (même si je la trouve un peu trop… revêche au début. Il en va de même avec l’homme chez qui elle fait son apprentissage, Emery Thane. Excentrique à souhait, je ne peux que l’apprécier, mais je pense qu’il n’a pas été utilisé comme il le mérite.

J’ai beaucoup aimé ce roman malgré de nombreux passages à vide, l’irrégularité du rythme ne m’a pas énormément gênée (peut-être parce que je venais de terminer un livre très lent) mais j’avoue avoir un peu flotté par instants, malgré tout, j’ai trouvé ce roman beaucoup trop court comme je vous le disais, je trouve que certains passages vont trop vite, quelques pages de plus aurait permis de ralentir une temporalité trop rapide à mon goût, mais à ce niveau, je chipotte un peu.

Le choix de la magie de papier permet de se rendre compte de la force du matériel, les mots, la littérature, tout ça, en fait, c’est magique ! (Pour ceux qui l’ignoraient encore) J’ai véritablement adoré la manifestation physique du papier, que ce soit grâce aux animaux (Aneth en particulier) ou par l’animation des livres lus.

Pour conclure, The paper magician est un très beau et poétique roman dont on pardonne les quelques faiblesses par le plaisir que l’on éprouve à sa lecture.

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269. CHRONIQUE : Hyde.


Hyde
Daniel Levine, 2016
Fantastique
Langue française - Environ 350 pages
Lecture papier.
Hyde est au pied du mur. Enfermé dans le cabinet chirurgical du docteur Jekyll, il compte les heures avant son inévitable arrestation. Quatre jours s’écoulent, pendant lesquels il a enfin le temps de raconter son histoire.Venu à la vie grâce à d’étranges potions, Hyde ignore quand et combien de temps il aura le contrôle du « corps ». Lorsqu’il est en sommeil, il observe la vie de Jekyll dans la haute société, emprisonné dans son esprit. Bientôt, leur existence mutuelle est menacée, non seulement par les incertitudes de la science instable dont il est le fruit, mais aussi par un mystérieux harceleur qui obsède Hyde. Il se sent pris au piège. Des jeunes filles disparaissent, un meurtre est commis. Qui se cache dans l’ombre pour le surveiller ? Dans le brouillard de cette conscience partagée, Hyde peut-il être sûr de ne pas être l’auteur de ces crimes ?À travers cette réécriture virtuose de L’Étrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde raconté du point de vue de Hyde, Daniel Levine apporte un nouvel éclairage au classique incontournable de Stevenson.

Avis

Je tiens à remercier NetGalley et Fayard de m’avoir offert la possibilité de lire Hyde, dont la couverture et le synopsis me plaisaient énormément. Et le thème, Dr Jekyll et Mr Hyde, passionnant depuis que j’ai découvert cette histoire au collège… J’en profite également pour ne pas remercier, cette fois, mon fournisseur internet qui m’a laissé plusieurs semaines sans connexion internet, j’espère que maintenant c’est revenu pour de bon (je l’espère vraiment…)

Dans ce livre, tout me vendait du rêve : Hyde manipule-t-il le corps de Jekyll ou bien est-ce l’inverse ? Si Hyde n’est pas le monstre que l’on a pu imaginer, qui est cette créature de pure violence ? Qu’est-ce qui a pu conduire Jekyll à créer tous ces processus scientifiques pour réussir à dissocier son esprit ? Qui est Emile Verlaine ? Quelle est sa véritable histoire ? Qu’est-ce qui s’est réellement passé ? Voilà ce qui était intéressant dans ce roman. Le véritable nœud d’intrigue à développer plus en profondeur. Malheureusement, le tout est handicapé par une écriture trop lourde, lente et parsemés d’éléments superflus qui ne sont pas fondamental à l’avancée du roman.

Les personnages sont travaillés, Daniel Levine maitrise l’œuvre de Stevenson et pourtant je n’ai pas su être séduite par la plume de l’auteur. Les transitions Jekyll-Hyde peuvent parfois être confus, la lecture m’a pris un temps fou, je relisais parfois jusqu’à deux ou trois fois les même passages. Les descriptions crues de l’auteur ne réussissent pas leur effet, du moins de mon côté, et n’a fait qu’éloigner un peu plus cet ouvrage de mes centres d’intérêt. J’avoue avoir abandonné ce livre pendant un mois avant de le reprendre. Entre temps, mon ordinateur avait décidé que chacun de mes epub allaient planter, une grande partie de plaisir en sommes.

J’ai repris la lecture de cet ouvrage parce que, malgré toute mon antipathie pour Jekyll (certains comportements du personnage étant  impardonnables, en plus de son caractère odieux et manipulateur, même si l'auteur tend à le défendre en se basant sur son enfance difficile), et ce roman en général, j’ai beaucoup aimé le renversement de Hyde. Calme, abimé par la vie, assailli par Jekyll, amoureux, secret, je peux dire que je l’ai beaucoup apprécié. C’est un homme qui cherche à ne pas disparaitre en Jekyll, qui veut garder son intégrité physique, ne pas mourir en sommes. Loin de la créature démoniaque et manipulatrice que nous avait présenté son créateur. Tout comme une partie de moi considère le Dr Frankenstein comme le véritable monstre de son histoire, ici, j'estime que c'est bel et bien Jekyll. J’ai également aimé les interludes sur Emile Verlaine, patient français, ses dissociations, ses folies et désespoirs, je le trouve malheureusement loin d’être assez exploités.

Pour conclure... Une lecture plus qu'en demi-teinte, peut-être que j'en attendais trop de ce livre mais j'ai été déçue de voir certaines de mes interrogations rester sans réponse. Le tout reste trop long, trop lent et aurait pu être réduit de moitié.

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